Origène

Origène

Les Pères de l'Église IIIe Siècle : Père Grec

Théologien Chrétien
Date de naissance vers 185 ap. J.-C., Alexandrie, Égypte
Date de décès vers 254 ap. J.-C., Tyr, Liban

"Il consiste à envisager toute la vie du saint comme une seule grande prière, dont ce que nous avons coutume de nommer prière n'est qu'une partie. "

Origène (en grec ancien Ὠριγένης / Ôrigénês) est le père de l'exégèse biblique. Théologien de la période patristique, il est né à Alexandrie v. 185 et mort à Tyr v. 253.
Il est aussi l'un des Pères de l'Église et « le plus grand génie du christianisme antique avec saint Augustin » selon la formule du cardinal Jean Daniélou. Cependant, contrairement à de nombreux Pères de l'Église, il n'a jamais été canonisé comme un saint par l'Église catholique. De manière plus générale, ses enseignements sur la pré-existence des âmes, la réconciliation finale de toutes les créatures, y compris peut-être même le diable (l'apokatastasis) et sa croyance possible que Dieu le Fils était subordonné à Dieu le Père ont été rejetés par l'orthodoxie chrétienne.
Il y eut aussi au IIIe siècle un autre Origène, philosophe néoplatonicien et païen, condisciple de Plotin et de Longin, avec lequel on l'a parfois confondu.

Il naît en Égypte dans une famille chrétienne. En 202, sous le règne de Septime Sévère, l'Église d'Alexandrie est persécutée et son père Léonidès meurt martyrisé : son fils assiste à sa mort par décapitation. Il voulut le suivre dans le martyre, mais sa mère réussit à l'en empêcher en cachant ses vêtements. La mort de Leonidès laisse sans ressources une famille de neuf personnes, ses biens ayant été confisqués. Origène devient cependant le protégé d'une femme riche et haut placée. Cependant, comme elle abritait déjà chez elle un hérétique du nom de Paul, il semble qu'Origène, qui professait la plus stricte orthodoxie, ne soit resté avec elle que peu de temps. Selon Eusèbe de Césarée, qui lui consacre le sixième livre de son Histoire ecclésiastique, Origène doit alors travailler pour faire vivre ses nombreux frères et sœurs. Instruit dans les belles-lettres et les saintes Écritures, il enseigne la grammaire pour subvenir aux besoins de sa famille. En 215, bien que très jeune, il succède à son maître Clément d'Alexandrie à la tête de la Didascalée à l'École théologique d'Alexandrie (école catéchétique). Il se signale dès lors par une rigidité de principes et de mœurs qu'il pousse au point de se castrer pour se soustraire à toute tentation.

Afin d'acquérir son entière indépendance, Origène vend sa bibliothèque pour une somme qui lui rapporte un revenu quotidien net de 4 oboles, qui lui suffisent en raison de son extrême frugalité. Il donne des leçons publiques à Césarée en Syrie la journée, et consacre à l'étude de la Bible la plus grande partie de ses nuits, menant une vie d'ascète rigide. Selon quelques traditions, il portait si loin ce souci que, puisqu'il enseignait à des femmes aussi bien qu'à des hommes il craignait que cette situation pût donner lieu au scandale pour les païens et il suivit à la lettre Matthieu (« il y a des eunuques qui se sont faits eux-mêmes eunuques pour le royaume des cieux ») et Matthieu 5,29-30 (" Si donc ton œil droit est pour toi occasion de chute, enlève-le et jette-le loin de toi, car il vaut mieux pour toi qu'un seul de tes membres périsse et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi. Car il vaut mieux pour toi qu'un seul de tes membres périsse et que ton corps tout entier ne s'en aille pas dans la géhenne. ") et Matthieu 18, 8-9, et Marc (« si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la »), c'est-à-dire qu'il se châtra. Une telle action, si elle a vraiment eu lieu, était en partie sans doute due au fait qu'il croyait que le chrétien devait suivre l'enseignement de son maître sans la moindre réserve. Plus tard dans sa vie, cependant, il vit des raisons qui auraient pu lui faire juger différemment avant de se décider à un tel acte. Dans son enseignement donné à Césarée, il regrette son geste, qu'il attribue à l'erreur que constitue la lecture littérale des Écritures. La vérité historique de cette castration a été mise en doute par quelques disciples. On a supposé qu'il s'agissait d'un racontar répandu par les rivaux d'Origène, qui s'efforçaient de réduire son importance ou de souiller sa réputation.
Il se rend à Athènes pour secourir les églises d'Achaïe.

Il continue à étudier, notamment auprès d'Ammonius Saccas. En 230, il est ordonné prêtre à Jérusalem mais son évêque, Démétrius d'Alexandrie, lui reproche ses mutilations qui, selon les canons, le rendent inapte au sacerdoce. Malgré le soutien des évêques et une assemblée en concile, Démétrius, regardant son ordination comme irrégulière, destitue Origène de ses fonctions, l'excommunie et lui interdit le séjour de son diocèse. Origène n'y rentre effectivement qu'après la mort de ce prélat. En 231, Origène quitte Alexandrie pour Césarée, en Palestine, où il continue d'expliquer l'Écriture et où une nouvelle école prend corps autour de lui avec ses élèves les plus remarquables (dont Grégoire le Thaumaturge).

En 250, sous le règne de Dèce, il subit la persécution et, bien qu'emprisonné et torturé, il ne cesse d'écrire pour encourager ses compagnons et compose son livre Contre Celse. Bien qu'il recouvre la liberté, il meurt peu après, vers 253, probablement des suites de ses blessures.
Selon saint Jérôme, il serait mort à Tyr, et aurait été enterré dans la cathédrale.
Trois siècles après sa mort, Origène est anathématisé, et donc déclaré hérétique, sous le 11e anathématisme du deuxième concile de Constantinople.


MARTYROLOGIE

Dèce ayant succédé, l'an 249, à l'empereur Philippe, alluma une nouvelle persécution. Origène fut mis en prison. On le chargea de chaînes; on lui mit au cou un carcan de fer et des entraves aux pieds ; on lui fit souffrir plusieurs autres tourments et on le menaça souvent du feu; mais on ne le fil pas mourir, dans l'espérance d'en abattre plusieurs par sa chute, et à la fin il fut élargi. Il mourut à Tyr, peu de temps après, l'an 234, dans sa soixante-neuvième année.

Origène
ACCÉDER À SES OEUVRES