Ignace d'Antioche

Ignace d'Antioche

Les Pères de l'Église : APOSTOLIQUE

Troisième évêque d'Antioche
Née vers 35 en Syrie
Mort le 6 Juillet 108 à Rome

Ignace d'Antioche

CITATION

"Que rien, des êtres visibles et invisibles, ne m’empêche par jalousie, de trouver le Christ. Feu et croix, troupeaux de bêtes, lacérations, écartèlements, dislocation des os, mutilation des membres, mouture de tout le corps, que les pires fléaux du diable tombent sur moi, pourvu seulement que je trouve Jésus-Christ."

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Ignace est évêque d’Antioche de Syrie au début du IIe siècle, dans une Église chrétienne de cinquante ans d’existence. D’origine hellénique, Antioche hérite du patrimoine de l’Église de Jérusalem. Ignace, issu du pagano-christianisme, retient de cet héritage les valeurs bibliques et spirituelles — saint Jean pour la vie en Christ et saint Paul pour l’unité de Jésus et son Église — qu’il exprime dans la sensibilité et la langue de son âme : le grec.

Sous le règne de l’empereur Trajan (85-117), Ignace est arrêté, jugé et condamné aux bêtes. Il sera exécuté en l’an 110 à Rome, qui se réserve les plus prestigieuses victimes.

Conduit sous escorte militaire de Syrie à Rome, voyage qui n’est pas sans rappeler le dernier voyage de Paul, il écrit sept lettres aux communautés chrétiennes (celles d’Éphèse, de Magnésie du Méandre, de Tralles, de Rome, de Philadelphie, de Smyrne et à celle à Polycarpe évêque de Smyrne).
Son prestige est tel que les chrétiens des villes d’Asie qu’il traverse, accourent pour témoigner de leur respect empreint de vénération, tandis que les autres villes envoient leur délégation au devant de lui.
Ses lettres antérieures aux derniers écrits du Nouveau Testament sont notre meilleure source d’informations sur la vie des chrétiens autour de l’an 100. Elles nous révèlent un évêque et docteur de la foi, mais aussi un chrétien passionné du Christ, impatient de rejoindre son Seigneur à travers le martyr.

Il n'est sans doute pas exagéré de dire que, après les textes du Nouveau Testament, les lettres d'Ignace représentent, pour l'ecclésiologie, le dogme et la spiritualité, le document le plus important qui nous soit parvenu sur les origines chrétiennes au tout début du IIe siècle. Le chef d'Église y exprime avec autant d'autorité que d'insistance son souci, presque son obsession, de l'unité à garder pour chaque Église autour de son évêque et pour toutes les Églises entre elles. Le gardien du mystère de Jésus-Christ y multiplie les mises en garde contre les interprétations docétistes et les tentations gnostiques. Le mystique y libère son désir du martyre, en des termes qui appellent la comparaison avec les confidences les plus personnelles et les plus brûlantes de saint Paul.

C'est un saint pour l'Église catholique latine, qui le fête le 17 octobre (ce fut longtemps le 1er février), et pour les Églises orthodoxes et catholiques orientales, qui le fêtent le 20 décembre.


MARTYROLOGIE

Sous le règne de l'empereur romain Trajan, Ignace fut condamné à être dévoré par les fauves. On espérait ainsi faire un exemple afin de freiner l'expansion du christianisme. On ne dispose pas d'informations biographiques le concernant avant son arrestation par les autorités romaines. Pendant le voyage d'Antioche à Rome, il encourage les fidèles à prier pour lui afin d'empêcher son exécution. Il priait lui-même auprès des fidèles les invitant à l'Amour de son prochain :
« Je vais à la mort avec joie. Laissez-moi servir de pâture aux lions et aux ours. Je suis le froment de Dieu. Il faut que je sois moulu sous leurs dents pour devenir un pain digne de Jésus Christ. Rien ne me touche, tout m'est indifférent, hors l'espérance de posséder mon Dieu. Que le feu me réduise en cendres, que j'expire sur le gibet d'une mort infâme ; que sous la dent des tigres furieux et des lions affamés tout mon corps soit broyé ; que les démons se réunissent pour épuiser sur moi leur rage : je souffrirai tout avec joie, pourvu que je jouisse de Jésus Christ ».