Constantinople IV (869)

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11 août 2020, 12:03:08
Constantinople IV (869)

Adrien II, né à Rome en 792, est le 106e pape, de 867 à 872. Né à Rome, il est élu en 867, après avoir refusé deux fois le pontificat. Il leva l'excommunication lancée contre Lothaire, roi de Lotharingie, qui avait répudié sa femme; tint en 869 un concile à Rome contre Photius, patriarche de Constantinople, qu'il fit déposer; eut des démêlés avec l'empereur d'Orient Basile et avec le nouveau patriarche grec au sujet du schisme provoqué par Photius, et quelques différends avec Charles le Chauve, au sujet de la déposition de l'évêque Hincmar de Laon. Il mourut en 872.

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SYNOPSIS

Il s'agit du dernier concile qui se soit déroulé en Orient. L'un des objectifs de cette assemblée est de mettre fin à un schisme, celui du patriarche de Constantinople, Photius, qui avait rompu avec le pape. Ce concile n'a pas été reconnu par l'Église byzantine et donc par les orthodoxes.

LE SYMBOLE DU CONCILE

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LES CANONS DU CONCILE

1 et 2. " On observera les canons, tant des conciles généraux que particuliers, et la doctrine transmise par les saints Pères, de même que les décrets des conciles tenus par les papes Nicolas et Adrien, touchant le rétablissement d'Ignace et l'expulsion de Photius. "

3. " On honorera et on adorera l'image de Notre-Seigneur, les livres des saints Évangiles, l'image de la croix, celles de la Mère de Dieu et de tous les saints ; mais en rapportant le culte qu'on leur rend aux prototypes, c'est-à-dire à Jésus-Christ et à ses saints. "

Il faut se souvenir que le terme d'adoration, usité chez les Grecs, ne signifie point ici un culte de latrie, qui n'est dû qu'à Dieu seul, mais seulement un culte de respect et de vénération.

4. " Photius n'ayant jamais été évêque, toutes les ordinations qu'il a faites seront censées nulles ; et l'on consacrera de nouveau les églises qu'il a consacrées. "

5. " On renouvelle les anciens canons qui défendent d'élever à l'épiscopat quiconque aura pris l'habit clérical ou monastique dans ce dessein, quand même on l'aurait fait passer par tous les degrés du ministère. Mais, si quelqu'un s'est fait clerc ou moine par de bons motifs, et sans aucune vue d'ambition ni d'intérêt, il sera un an lecteur, deux ans sous-diacre, trois ans diacre, et quatre ans prêtre. "

Quoique ce temps d'épreuves fût de dix ans, le concile permettait néanmoins d'abréger le temps prescrit par les anciens canons, selon le mérite du sujet qu'on voudrait promouvoir.

6. " Anathème à Photius, pour avoir supposé de faux légats d'Orient et de faux actes contre le pape Nicolas, et à tous ceux qui à l'avenir useront de pareilles supercheries. "

7. " Quoiqu'il soit bon de peindre de saintes images, et d'enseigner les sciences divines et humaines, il est bon aussi que cela ne se fasse que par des personnes sages : c'est pourquoi le concile défend à tous ceux qu'il a excommuniés de peindre des images et d'enseigner, jusqu'à ce qu'ils se convertissent. "

La première partie de ce canon est contre Grégoire de Syracuse, qui était peintre ; la seconde, contre Photius, qui avait enseigné les lettres.

8. " Défense à tout patriarche d'exiger autre chose des évêques, à leur ordination, que la profession de foi ordinaire. "

9. " On déclare nulles toutes les promesses exigées par Photius de ceux à qui il enseignait les lettres, et des autres qu'il voulait s'attacher. "

10. " Personne ne se séparera de son évêque que celui-ci n'ait été juridiquement condamné ; et il en sera de même de l'évêque à l'égard du métropolitain ou du patriarche ; et cela sous peine de déposition pour les clercs et les évêques, et d'excommunication pour les moines et les laïques. "

11. " Anathème à quiconque soutient qu'il y a deux âmes dans l'homme. "

Cette erreur est attribuée à Photius, dans les vers qui se lisent à la fin de la neuvième session.

12. " Il est défendu d'ordonner des évêques par l'autorité et le commandement du prince, sous peine de déposition pour ceux qui seront parvenus à l'épiscopat par cette voie tyrannique, étant évident que leur ordination ne vient point de la volonté de Dieu, mais des désirs de la chair. "

13. " On fera monter les clercs de la grande église d'un degré inférieur au supérieur, pour récompense de leur service, s'ils se sont bien comportés ; et on n'admettra pas dans le clergé ceux qui auront gouverné les maisons ou les métairies des grands. "

14. " Ceux qui sont élevés à l'épiscopat, ne l'aviliront point en s'éloignant de leurs églises pour aller au-devant des gouverneurs ; bien moins s'humilieront-ils en descendant de cheval et en se prosternant devant eux ; mais, en rendant aux grands les honneurs qui leurs sont dus, ils conserveront l'autorité nécessaire pour les reprendre dans le besoin. "

15. " Ils ne pourront vendre les meubles ni les ornements des églises, si ce n'est pour les causes spécifiées dans les canons, ni en vendre les terres, ni en laisser les revenus à baux emphytéotiques : au contraire, ils seront obligés d'améliorer les possessions de l'église, dont les revenus servent à l'entretien des ministres et au soulagement des pauvres. "

16. " Défense aux laïques, de quelque condition qu'ils soient, de relever leurs cheveux pour imiter les clercs, de porter des habits sacerdotaux, et de contrefaire les cérémonies de l'Église, sous peine d'être privés des sacrements. Ordre aux patriarches et à leurs suffragants d'empêcher ces sortes d'impiétés, sous peine de déposition, en cas de tolérance ou de négligence de leur part. "

Ce canon regarde ceux qui avaient contrefait les cérémonies de l'Église, par ordre de l'empereur Michel. La pénitence qu'on leur impose ici est d'être trois ans séparés de la communion ; un an pleurant hors de l'église, un an debout avec les catéchumènes, la troisième année avec les fidèles.

17. " Il sera au pouvoir des patriarches de convoquer dans le besoin des conciles, et d'y appeler tous les métropolitains de leur ressort, sans que ceux-ci puissent s'en dispenser, sous prétexte qu'ils seraient retenus par quelque prince. En effet, puisque les princes de la terre tiennent des assemblées quand il leur plaît, ils ne peuvent sans impiété empêcher les patriarches d'en tenir, ni les évêques d'y assister, pour traiter des affaires de l'Église. "

18. " Les églises et ceux qui y président jouiront des biens et des privilèges dont ils sont en possession depuis trente ans ; défense à tout laïque de les en priver, sous peine d'anathème, jusqu'à restitution desdits biens et privilèges. "

19. " Il est aussi défendu aux archevêques d'aller, sous prétexte de visite, séjourner sans nécessité chez leurs suffragants, et consumer les revenus des églises qui sont de leur juridiction. "

20. " Si un censitaire emphytéotique néglige, pendant trois ans, de payer à l'église le cens convenu, l'évêque se pourvoira devant les juges de la ville ou du pays, pour faire rendre la terre ou la possession laissée en emphytéose. "

21. " Les cinq patriarches seront honorés de tout le monde, même des plus puissants seigneurs : on n'entreprendra pas de les déposséder de leurs sièges ; on ne fera rien contre l'honneur qui leur est dû, mais on les traitera avec toute sorte de respect, mettant avant tous les autres le très saint pape de l'ancienne Rome, puis le patriarche de Constantinople, ensuite les patriarches d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem. Personne ne se donnera non plus la licence d'écrire ou de parler contre le très saint pape de l'ancienne Rome, sous prétexte de quelque prévarication dont il se serait rendu coupable, comme l'a fait dernièrement Photius, et longtemps avant lui Dioscore. En cas toutefois qu'il s'élève dans un concile général quelque difficulté au sujet de l'Église romaine, on proposera la question avec respect, et on recevra la décision ou l'on donnera son avis, sans toutefois s'élever avec insolence contre les pontifes souverains de l'ancienne Rome. "

22. " Défense aux laïques puissants d'intervenir à l'élection ou à la promotion d'un patriarche, d'un métropolitain ou d'un évêque quelconque, de peur qu'il n'en résulte des désordres ou des débats fâcheux ; puisque d'ailleurs les puissances temporelles n'ont aucun droit en ces sortes de matières, et qu'elles n'ont rien de mieux à faire que d'attendre en silence les élections qui se font dans l'Église conformément aux règles. Que si un prince séculier ou un laïque, de quelque dignité qu'il soit, ose traverser une élection canonique et appuyée par le consentement de l'Église, qu'il soit anathème. "

23. " Il n'est point permis à un évêque de prendre à titre de location les terres d'une autre église, ni d'y établir des clercs, sans le consentement de l'évêque diocésain. "

24. " Les métropolitains ne pourront faire venir chez eux leurs suffragants, pour se décharger sur eux de leurs fonctions épiscopales, en se livrant eux-mêmes aux affaires temporelles ; mais ils feront ce qui est de leur charge, sous peine d'être punis par le patriarche, ou déposés en cas de récidive. "

25. " Le concile dépose, sans espérance de restitution, les évêques, les prêtres, les diacres et les autres clercs ordonnés par Méthodius ou par Ignace, qui demeuraient obstinés dans le parti de Photius. "

26. On autorise un clerc déposé ou maltraité par son évêque à se pourvoir par appel devant le métropolitain, et l'évêque lui-même qui aurait à se plaindre de son métropolitain à en appeler au patriarche, sans que jamais le chef d'une simple métropole puisse juger un métropolitain comme lui, ou un simple évêque juger son confrère.

27. Défense aux évêques de se servir du pallium ailleurs que dans les lieux et dans les temps marqués, et aux moines promus à l'épiscopat de quitter l'habit de leur profession.