Concile de Éphèse (431)

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11 août 2020, 12:03:07
Concile de Éphèse (431)

Saint Célestin fut le 43e pape de 422 à 432. Il se fait remarquer comme diacre à Rome et vit un certain temps à Milan auprès d'Ambroise de Milan. Il est élu le 10 septembre 422 pour succéder à Boniface Ier. Pape énergique, il précise les règles à suivre pour les élections épiscopales. Adepte d'une grande fermeté, il souhaite renforcer la discipline des différents épiscopats, ses premières lettres aux évêques de Gaule et d'Italie sont très explicites sur ce sujet. Il est considéré comme saint par l'Église catholique et il est fêté le 6 avril.

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SYNOPSIS

Convoqué par les empereurs d'Orient et d'Occident, ce concile ouvre la voie au culte marial. Il consacre, en effet, la Vierge Marie comme « mère de Dieu ». Il rappelle aussi l'union indivisible de la nature divine et de la nature humaine du Christ en une seule personne.

LE SYMBOLE DU CONCILE

Nous voulons exposer ici en abrégé, et d’une manière conforme à l’Écriture et à la tradition, sans cependant rien ajouter à la foi qui a été développée à Nicée, ce que nous croyons et enseignons au sujet de la Vierge Marie Mère de Dieu et sur la manière dont le fils de Dieu s’est fait homme. Nous faisons cela parce que c’est nécessaire ; nous le faisons, non pas pour introduire quelque chose mais pour satisfaire les autres. Car, ainsi que nous l’avons déjà dit, elle (la foi de Nicée) suffit parfaitement pour faire connaître la religion et pour réfuter les hérésies. Nous donnons cette nouvelle explication, non pas pour résoudre ce qui est incompréhensible, mais pour réfuter, par la confession de nos propres faiblesses, ceux qui veulent nous reprocher d’expliquer des choses qui sont au-dessus de l’intelligence humaine. Nous professons que Notre Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, est vrai Dieu et vrai homme, composé d’un corps et d’une âme raisonnable ; qu’il a été engendré du Père avant tous les temps pour ce qui concerne la divinité, et, pour ce qui concerne son humanité, qu’il est né d’une Vierge à la fin des temps pour nous et notre salut ; qu’il est de même substance que le Père pour ce qui concerne la divinité, et de même substance que nous pour ce qui concerne l’humanité, car les deux natures sont unies l’une à l’autre. Aussi ne reconnaissons-nous qu’un seul Christ, un seul Seigneur, un seul Fils. À cause de cette union, qui est exempte de tout mélange, nous reconnaissons également que la sainte Vierge est mère de Dieu, parce que Dieu, le Logos, devenu chair et homme, s’est adjoint, à partir de la conception, le temple (l’humanité) qu’il a pris d’elle (de la Vierge). Pour ce qui concerne les expressions évangéliques et apostoliques au sujet du Christ, nous savons que les théologiens appliquent une partie d’entre elles aux deux natures, parce qu’elles s’adressent à une seule personne, tandis qu’elles distinguent les autres parce qu’elles s’adressent à l’une des deux natures. Les expressions qui conviennent au Dieu s’adressent à la divinité, tandis que les expressions qui marquent l’abaissement s’adressent à l’humanité.

LES CANONS DU CONCILE

Les 8 canons des 200 saints pères, réunis à Ephèse après le 13ème consulat de Flavius Théodose et le 3ème de Flavius Valentinien, empereurs éternels, le dixième jour des calendes de juillet.


1. Des métropolitains sectateurs de Nestorius et de Célestius.
Comme il fallait que les évêques qui n'ont pas assisté au concile, mais sont restés dans leur territoire ne soient pas sans savoir ce qui a été décidé, nous faisons savoir à votre sainteté, que :
Le métropolitain qui abandonne ce saint et œcuménique concile, pour entrer dans l'assemblée des apostats ou qui y entrera à l'avenir; ou celui qui a partagé les opinions de Célestius ou les partagera à l'avenir, celui-là perd toute juridiction sur les évêques de la province, et est déjà exclu de toute communion et déclaré suspens par le concile. Les évêques de sa province et les métropolitains voisins qui sont orthodoxes doivent veiller à ce qu'il soit entièrement dépossédé du rang d'évêque.


2. Des évêques qui rejoignent ceux de Nestorius.
Si d'autre part certains évêques suffragants n'ont pas assisté au saint concile et ont passé à l'apostasie, ou bien cherchent à y passer, ou bien, après avoir signé la déposition de Nestorius, sont ensuite retournés à l'assemblée des apostats, ceux-là suivant la sentence du saint concile, sont exclus du sacerdoce et déchus de leur rang.


3. Des clercs déposés par Nestorius à cause de leur orthodoxie.
Si dans une ville ou une campagne quelconque des clercs ont été déposés par Nestorius ou ses partisans, à cause de leurs sentiments orthodoxes, nous avons jugé qu'à juste titre ils doivent être réintégrés dans leurs fonctions. En règle générale nous ordonnons que les clercs, qui reçoivent ce concile orthodoxe et œcuménique ou le recevront maintenant ou après, en quelque temps que ce soit ne doivent être subordonnés en aucune manière et à aucun moment aux évêques qui ont apostasié ou qui apostasieront ou qui vont à l'encontre des saints canons et de la vraie foi.


4. Des clercs sectateurs de Nestorius.
Si certains clercs apostasient et osent prendre parti, secrètement ou publiquement, pour Nestorius, ils sont eux aussi déposés par ce saint concile.


5. Des clercs condamnés à des peines ecclésiastiques, absous par Nestorius.
Quant à ceux qui ont été condamnés pour des actions coupables par un saint synode ou par leurs propres évêques, et auxquels Nestorius, agissant contre les canons, avec l'indifférence qui le caractérise, ou bien ses partisans ont cherché ou chercheront à rendre la communion ou leur rang, nous avons jugé qu'ils ne doivent retirer aucun profit de ce fait et n'en demeureront pas moins déposés.


6. De ceux qui enfreignent les décisions du concile.
De même, au sujet de tous ceux qui voudraient renverser d'une manière quelconque les décisions du saint concile à propos d'un chacun, le concile décide que, s'ils sont évêques ou clercs, ils perdront entièrement leur rang, et s'ils sont laïcs, ils seront excommuniés.


7. Acclamation contre ceux qui altèrent la foi de Nicée.
Le saint concile a décidé qu'il ne sera pas permis de produire en public, d'écrire ou de composer un symbole de foi autre que celui défini par les saints pères réunis à Nicée sous la conduite du saint Esprit. Ceux qui oseront composer un autre symbole, le répandre, ou le présenter à ceux qui veulent se convertir et reconnaître la vérité, venant du paganisme, du judaïsme ou de n'importe quelle hérésie, ceux-là, s'ils sont évêques ou clercs, seront dépouillés, les évêques de l'épiscopat et les clercs de la cléricature; s'il sont laïcs, ils seront anathématisés. De même, si des évêques, des clercs ou des laïcs étaient convaincus d'admettre ou d'enseigner la doctrine contenue dans l'exposé du prêtre Charisius, au sujet de l'incarnation du Fils unique de Dieu, ou bien encore les enseignements impurs et pervers de Nestorius qui y sont adjoints, qu'ils tombent sous le coup de la sentence de ce saint et œcuménique concile, c'est-à-dire que l'évêque soit dépouillé de son épiscopat et soit déposé, et le clerc pareillement soit déchu de la cléricature, et si c'est un laïc, qu'il soit anathématisé, comme il a été dit plus haut.


8. Vœu concernant les évêques de Chypre, qu'ils élisent à eux seuls aux sièges vacants de leur île.
Un fait, qui est une innovation contraire aux coutumes ecclésiastique et une atteinte à la liberté de tous nous a été rapporté par Réginus, l'évêque très aimé de Dieu, et ses compagnons, les très pieux évêques Zénon et Evagre, de la province de Chypre. C'est pourquoi, comme le mal commun a besoin d'un remède d'autant plus fort que sa nuisance est plus grande, vu qu'aucune coutume n'a existé jusqu'ici que l'évêque de la ville d'Antioche sacre des évêques à Chypre, ainsi que les très pieux hommes qui ont eu recours au saint concile nous le prouvèrent par leurs rapports et de vive voix, les chefs des saintes églises de Dieu en Chypre resteront sans être inquiétés ni exposés à la violence, si, observant les canons des saints et vénérés pères, ils procèdent par eux-mêmes, selon l'ancienne coutume, à l'élection des très pieux évêques. Cette même règle sera aussi observée dans les autres diocèses et dans toutes les provinces, en sorte qu'aucun des évêques aimés de Dieu ne s'empare d'une autre province, qui ne fût déjà et dès le début sous son autorité ou sous celle de ses prédécesseurs; et s'il s'en était emparé et par force se la fût assujettie, il la rendra, afin que les canons des pères ne soient pas enfreints, ni que sous le prétexte d'actes sacrés ne s'insinue l'orgueil de la puissance mondaine et que sans nous en rendre compte nous perdions peu à peu la liberté, que nous a donnée par son propre Sang Jésus Christ notre Seigneur, le Libérateur de tous les hommes. Il a été donc décidé par le saint concile œcuménique que soient sauvegardés à chaque province purs et inviolés les droits acquis déjà et dès le début selon l'usage établi depuis toujours et le métropolitain sera autorisé de prendre copie conforme de notre décision pour garantir ainsi la sécurité de sa province. Si quelqu'un produisait une ordonnance opposée à la définition présente, le saint et œcuménique concile tout entier décide que cette ordonnance sera nulle et non avenue.