THEOLOGIE

Pères de l'église

Résumé

Les Pères de l'Eglise sont des auteurs chrétiens, le plus souvent des évêques, ou des hommes chargés de responsabilités pastorales. Durant les premiers siècles de l'Eglise ils ont influencé les développements de la doctrine chrétienne et contribué à la formation des chrétiens de leur époque et des siècles à venir par leur prédication et par leurs écrits.

Sommaire

Introduction 

1. LES PERES ANTENICEENS (Jusqu’en 325)

            A- Les Pères Apostoliques

            B- Les Pères du IIe Siècle

            C- Les Pères du IIIe Siècle

2. L’Âge d’Or Patristique (325-451)

            A- Les Pères qui ont combattu l’Arianisme

            B- Les Pères Cappadociens et Saint Jean Chrysotome

            C- Les autres Pères ayant vécu à l’époque des IIe, IIIe et IVe conciles (Ve Siècle)

3. Les Pères de tradition Chalcédonienne (Après 451)

4. Les Pères propres à une seule confession Chrétienne

5. L’exception des Pères du Desert

Médias & Ressources

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Dans cet ouvrage devenu incontournable, le philosophe William Lane Craig développe un argumentaire brillant visant à défendre les vérités fondamentales du christianisme.

David Vincent est un historien, doctarant à l'EPHE et fondateur du site didascale. Sa série sur les pères de l'église comporte 35 vidéos qui font de cette série, l'une des ressources francophones les plus détaillées et exhaustive sur le sujet. 

1. Introduction

Généralement on parle de "Pères de l'Eglise" pour des écrivains et prédicateurs des cinq, six ou même huit premiers siècles de notre ère, soit jusqu’à la séparation de l’Église en deux branches (catholique et orthodoxe) de la théologie commune.. Les Pères de l’Église sont ainsi des maîtres antiques en matière de foi. Tous ne sont pas canonisés ni même béatifiés. On reconnaît aux pères de l’Église trois caractères:

1- Enseignement juste sur les sujets fondamentaux (Trinité, Christ, salut) et remarquable sur tel ou tel point.

2- Approbation des écrits par l’Église

3- Antiquité: se situer dans la période ancienne de l’Église jusqu’à l’an 800.

 

La connaissance des Pères de l’Église et de leurs écrits s’appelle la patristique.

 

On pourra reprendre la définition donnée par Pierre Beatrick dans son Introduction aux Pères de l'Eglise (Mediaspaul/Editions paulines/Institut St-Gaëtan, 1987) :

 

"Les Pères de l'Eglise furent [...] ces personnages presque toujours des évêques, avec des responsabilités pastorales particulières qui, par leur prédication et leurs écrits, ont influé soit sur le développement de la doctrine chrétienne, soit sur la formation du comportement chrétien, parce qu'ils unissaient en eux les caractéristiques constantes de la sainteté de vie, de la sagesse et de l'ancienneté."

 

Jean-Paul II dans la lettre Patres Ecclesiae (1980), écrite pour le XVIe centenaire de la mort de saint Basile, appelle «pères» les théologiens de l'Antiquité «qui, par la force de leur foi, par l'élévation et la fécondité de leur doctrine ont donné à l'Église une vigueur nouvelle et un nouvel essor. Ils sont vraiment les 'Pères' de l'Église car c'est d'eux, par l'Évangile, qu'elle a reçu la vie. Ils sont également les bâtisseurs puisque, sur la base de l'unique fondement posé par les apôtres, (...…) ils ont édifié les premières structures de l'Église de Dieu.» Le même Jean-Paul II, dans la lettre Operosam diem (1997) consacrée à saint Ambroise, nomme ce "don pour toute l'Église". En effet, telle pourrait être aussi la définition la plus simple d'un Père de l'Église : celui dont l'enseignement est d'une portée tellement immense qu'il en devient un don pour toute l'Église, y compris celle d’aujourd'hui.

 

Quels critères permettaient d'appeler «Père» un théologien plutôt qu'un autre ? Une première explication peut sembler banale : au temps des querelles dogmatiques, certains théologiens ont élaboré des formulations mieux adaptées pour exprimer la foi commune et pour la défendre face à des tendances jugées plus tard hérétiques. Tel fut le rôle de la théologie d'Athanase d'Alexandrie et celle de Grégoire de Naziance en réponse aux ariens. Très vite d'autres, nombreux, se joignirent à eux : Grégoire de Nysse, Cyril d'Alexandrie, Ambroise de Milan, Augustin etc. Outre le fait qu'ils ont sans cesse été cités par les générations postérieures, leurs arguments ont été reçus et confirmés par des conciles. Ainsi, certains théologiens sont devenus des chaînons de la tradition, des points de référence excellents et presque incontournables. Le recours à leurs argumentations s'est fait à l'occasion de nouvelles controverses dogmatiques, de telle sorte qu'ils ont revêtu une autorité toujours plus grande.

 

Le titre de « Pères de l'Église » a ainsi été attribué à certains auteurs chrétiens qui ont :

 

-    Vécu durant les premiers siècles du christianisme 

-    Vécu en état de sainteté 

-    Professé la doctrine chrétienne dans leurs écrits 

-    Reçu l’approbation de l’Église.

 

Les Pères de l’Eglise n’ont pas tous vécus a la même période. Raison pour laquelle, ils convient de les divisés en différent groupe.

 

Contrairement à la liste des Docteurs de l'Église, celle des Pères de l'Église n'est pas « officiellement » établie par les Églises.

 

L'Église catholique a tendance à assigner un terme à une « période patristique » et à considérer Jean Damascène et Isidore de Séville comme les derniers Pères.

 

L'Église orthodoxe ne voit pas les choses de la même façon et estime que la paternité ne suppose pas obligatoirement l'antiquité. Elle estime de plus qu'un Père n'est pas forcément un écrivain. Elle a tendance à considérer comme Pères de l'Église , les Pères du désert et les grands instituteurs de la vie monastique car leur travail d'ascèse de direction spirituelle est éminemment doctrinal.

 

2. L'apologétique dans la bible

Les prophètes, les apôtres et même Jésus ont fait appel à l'argumentation pour convaincre. Dans les synagogues, Paul argumentait avec les juifs pour les convaincre(2)Dans son discours devant l'aréopage à Athènes(3), il donne une défense du christianisme en faisant usage d'arguments rationnels en allant jusqu'à citer certains philosophes grecs. De même, lors de la pentecôte, Pierre développe une longue argumentation pour convaincre son auditoire. Jésus lui-même argumentait en faisant appel à des preuves empiriques (des faits réels et observables) pour attester qu'Il était réellement l'Envoyé de Dieu. Il est largement établi dans la bible que Jésus et les apôtres faisaient appels à des preuves et des arguments pour attester de la véracité du message qu'ils proclamaient.

3. L'apologétique contemporaine

Aujourd'hui, l'apologétique rationnelle est la méthode la plus représentée. Bien qu'héritée de la scolastique, faire appel à la raison pour démontrer des vérités théologiques est antérieur au christianisme. Certains philosophes grecs de l'antiquité (comme Platon et Aristote) développaient déjà des arguments rationnels pour démontrer des vérités théologiques(4). 

Parmi les personnalités encore vivantes aujourd'hui, William Lane Craig, Alvin Platinga, John Lennox ou encore Richard Swinburne figurent parmis les plus éminentes.

 
 

4. Controverse sur l'apologétique

La controverse  principale est dû à une mauvaise compréhension de ce qu'implique l'apologétique. Développer une apologétique rationnelle n'implique pas nécessairement d'adhérer à l'idée que l'on ne peut atteindre et comprendre des vérités théologiques uniquement par la raison, ce qui s'appelle le rationalisme théologique. Comme indiqué en introduction, nous croyons qu'il existe d'autres sources épistémologiques (de connaissances) pour connaître Dieu. 

Un autre débat est dû à l'apologète du mouvement réformé calviniste Cornelius Van Til, fondateur et le philosophe le plus influent du courant présuppositionalisme. Ce courant de pensée défend l'idée qu'il est impossible pour les non-chrétiens de connaître quoi que ce soit sur Dieu puisqu'ils sont non-régénérés, à moins de présupposer les vérités du christianisme. Avec le présuppositionalisme, Cornelius Van Til a enfaite tenté de construire une apologétique cohérente avec la théologie réformée calviniste. L'approche de Cornelius Van Til souffre de plusieurs contradictions, mais la principale opposition à son approche est la pétition de principe (un raisonnement fallacieux dans lequel on suppose dans les prémisses de la proposition ce qu'on est censé démontrer). Effectivement, avec cette approche il est impossible de convaincre une personne qui rejette, par exemple, la bible ou la trinité. Ce courant, bien qu'existant encore aujourd'hui et largement minoritaire.

 

Notes

(1) Première épitre de Pierre, chapitre 3v15

(2) Livre des Actes des apôtres chapitre 17v2

(3) Livre des Actes des apôtres chapitre 17v16-23

(4) Aristote, Physique, Livre II, 7, 198 a 35 - b 4.