HIPPOLYTE DE ROME

RÉFUTATION D'HÉRÉSIE : LIVRE VI : PARTIE I

Titre 5
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SOMMAIRE

LIVRE AUDIO

CHAPITRE

Voici le contenu du sixième livre de la Réfutation de toutes les hérésies : -

Quelles sont les opinions qui sont tentées (à établir) par Simon, et que sa doctrine tire sa force des (lucubrations) des magiciens et des poètes.

Quelles sont les opinions proposées par Valentinus, et que son système n'est pas construit à partir des Écritures, mais à partir des principes platoniciens et pythagoriciens.

Et quelles sont les opinions de Secundus, de Ptolémée et d'Héracléon, qui ont eux aussi avancé les mêmes doctrines que les philosophes grecs, mais les ont énoncées dans une phraséologie différente.

Et quelles sont les suppositions avancées par Marcus et Colarbasus, et que certains d'entre eux ont consacré leur attention aux arts magiques et aux nombres pythagoriques.



Chapitre 1 - Les Ophites, les géniteurs des hérésies ultérieures.


Quelles que soient les opinions de ceux qui ont tiré les premiers principes (de leur doctrine) du serpent, et qui, au fil du temps, ont délibérément mis en avant leurs principes, nous les avons expliqués dans le livre précédent, (et) qui est le cinquième de la Réfutation des hérésies. Mais maintenant aussi, je ne resterai pas silencieux sur les opinions des hérésies qui les suivent (les Ophites) ; non, pas une seule (spéculation) ne restera sans réponse, s'il est possible de se souvenir de toutes (leurs doctrines), et des orgies secrètes de ces hérétiques que l'on peut assez bien qualifier d'orgies, - car ceux qui propagent des opinions aussi audacieuses ne sont pas loin de la colère (de Dieu), - afin que je puisse me prévaloir de l'aide de l'étymologie.



Chapitre 2. Simon Magus.


Il semble donc opportun d'expliquer maintenant les opinions de Simon, originaire de Gitta, un village de Samarie ; et nous prouverons également que ses successeurs, en partant de lui, se sont efforcés (d'établir) des opinions similaires sous un autre nom. Ce Simon étant un adepte de la sorcellerie, se moquant de beaucoup, en partie selon l'art des Thrasymédes, de la manière que nous avons expliquée plus haut, et en partie aussi avec l'aide de démons perpétrant sa villégiature, a tenté de se déifier. (Mais) l'homme était un (simple) tricheur, et plein de folie, et les Apôtres le réprimandèrent dans les Actes. Actes 8:9-24 Avec beaucoup plus de sagesse et de modération que Simon, le Libyen Apôtre, enflammé d'un désir similaire, s'efforça de se faire considérer comme un dieu en Libye. Et dans la mesure où son système légendaire ne présente pas de grande divergence par rapport au désir démesuré de cet idiot de Simon, il semble opportun de fournir une explication à ce sujet, comme étant digne de la tentative faite par cet homme.



Chapitre 3. L'histoire d'Apophis le Libyen.


Apophis le Libyen désirait ardemment devenir un dieu ; mais lorsque, après des intrigues répétées, il ne réussit pas à réaliser son désir, il souhaitait néanmoins apparaître comme étant devenu un dieu ; et il apparut en tout cas, avec le temps, comme étant devenu un dieu en réalité. Car les Libyens insensés avaient l'habitude de lui sacrifier une puissance divine quelconque, supposant qu'ils cédaient à une voix qui descendait d'en haut, du ciel. Car, rassemblant dans une seule et même cage un grand nombre d'oiseaux - des perroquets - il les faisait taire. Aujourd'hui, les perroquets sont très nombreux en Libye, et ils imitent très distinctement la voix humaine. Cet homme, ayant pendant un temps nourri les oiseaux, avait l'habitude de leur apprendre à dire : "Apôtre est un dieu". Mais après que les oiseaux eurent pratiqué cela pendant une longue période, et qu'ils eurent pris l'habitude de dire ce qui, selon lui, ferait supposer qu'Apchète est un dieu, il ouvrit la demeure (des oiseaux) et fit sortir les perroquets, chacun dans une direction différente. Mais alors que les oiseaux étaient en vol, leur son se répandit dans toute la Libye, et leurs expressions atteignirent le pays hellénique. Ainsi, les Libyens, étonnés par la voix des oiseaux, et ne percevant pas la racaille perpétrée par Apchète, considéraient Apchète comme un dieu. Cependant, certains Grecs, par un examen précis, percevant la ruse du supposé dieu, au moyen de ces mêmes perroquets, non seulement réfutent, mais aussi détruisent complètement ce vantard et fatigant. Or, les Grecs, en enfermant un grand nombre de perroquets, leur ont appris à nouveau à dire : "Apôtre, après nous avoir mis en cage, nous a contraints à dire : "Apôtre est un dieu". Mais ayant entendu parler de la rétractation des perroquets, les Libyens, réunis, ont décidé à l'unanimité de brûler Apophis.



Chapitre 4. L'interprétation forcée de l'Écriture par Simon ; Plagiats d'Héraclite et d'Aristote ; Le système d'existences sensibles et intelligibles de Simon.


Ainsi, nous devons penser à Simon le Magicien, afin de pouvoir le comparer au Libyen, bien plus tôt qu'à Celui qui, bien que fait homme, était en réalité Dieu. Si, toutefois, l'affirmation de cette ressemblance est en soi exacte, et que le sorcier a fait l'objet d'une passion semblable à celle d'Apôtre, efforçons-nous d'enseigner à nouveau aux perroquets de Simon, que le Christ, qui s'est tenu, se tient et se tiendra, (c'est-à-dire était, est et sera) n'était pas Simon. Mais (Jésus) était un homme, issu d'une semence de femme, né du sang et de la volonté de la chair, tout comme le reste (de l'humanité). Et que ces choses sont ainsi, nous le prouverons facilement au fur et à mesure de la discussion.

Maintenant, Simon, paraphrasant la loi de Moïse de façon à la fois insensée et maladroite, fait ses déclarations (de la manière suivante) : Car lorsque Moïse affirme que Dieu est un feu ardent et consumant, Deutéronome 4:24 prenant ce qui est dit par Moïse non dans son sens correct, il affirme que le feu est le principe originel de l'univers. (Mais Simon) ne tient pas compte de l'affirmation qui est faite, à savoir que ce n'est pas que Dieu est un feu, mais un feu brûlant et consumant, (ainsi) non seulement en donnant un sens violent à la loi actuelle de Moïse, mais même en plagiant d'Héraclite l'Obscur. Et Simon désigne le principe originel de l'univers comme un pouvoir indéfini, s'exprimant ainsi : C'est le traité d'une révélation de (la) voix et du nom (reconnaissable) au moyen de l'appréhension intellectuelle du Grand Pouvoir Indéfini. C'est pourquoi il sera scellé, (et) gardé secret, (et) caché, (et) reposera dans l'habitation, à la base de laquelle se trouve la racine de toutes choses. Et il affirme que cet homme qui est né du sang est (ladite) habitation, et qu'en lui réside une puissance indéfinie, qu'il affirme être la racine de l'univers.

Or, le pouvoir indéfini qu'est le feu ne constitue, selon Simon, aucun élément non composé (essence, conformément à l'opinion de ceux qui) affirment que les quatre éléments sont simples, et qui ont (donc) également imaginé que le feu, (qui est l'un des quatre,) est simple. Mais (c'est loin d'être le cas) : car il y a, (il maintient,) une certaine double nature du feu ; et de cette double (nature) il désigne une partie comme quelque chose de secret, et une autre comme quelque chose de manifeste, et que le secret est caché dans les parties manifestes du feu, et que les parties manifestes du feu tirent leur être de son (ses) secret(s). C'est cependant ce qu'Aristote désigne par (les expressions) potentialité et énergie, ou (ce que) Platon (les styles) intelligible et sensible. Et la partie manifeste du feu comprend toutes les choses en soi, tout ce que chacun peut discerner, ou même tous les objets de la création visible qu'il pourrait oublier. Mais tout le secret (la partie du feu) que l'on peut discerner est reconnu par l'intellect et échappe au pouvoir des sens ; ou bien on ne l'observe pas, faute d'une capacité pour ce type particulier de perception. En général, cependant, dans la mesure où toutes les choses existantes tombent dans les catégories, à savoir, ce qui est objet de sens, et ce qui est objet d'intellect, et quant à la dénomination de ceux-ci (Simon) emploie les termes secret et manifeste ; on peut affirmer (je dis, en général) que le feu, (je veux dire) le super-céleste (feu), est un trésor, pour ainsi dire un grand arbre, tel que Nabuchodonosor en a vu un dans un rêve, dont toute chair est nourrie. Et la partie manifeste du feu qu'il considère comme la tige, les branches, les feuilles, (et) l'écorce extérieure qui les recouvre. Tous ces éléments (appendices), dit-il, du Grand Arbre en train de s'allumer, disparaissent à cause de l'incendie du feu dévorant. Le fruit de l'arbre, lorsqu'il a atteint sa pleine croissance et qu'il a reçu sa propre forme, est déposé dans un grenier et non pas jeté au feu. Car, dit-il, le fruit a été produit dans le but d'être déposé dans le grenier, alors que la balle, elle, peut être livrée au feu. (Or la balle) est une tige, (et est) générée non pas pour elle-même, mais pour celle du fruit.



Chapitre 5. Simon fait appel à l'Écriture pour soutenir son système.


Et ceci, dit-il, est ce qui a été écrit dans l'Écriture : Car la vigne du Seigneur de Sabaoth est la maison d'Israël, et l'homme de Juda est sa plante bien-aimée. Mais si l'homme de Juda (est) la plante bien-aimée, il a été prouvé, dit-il, qu'il n'y a pas d'autre arbre que cet homme. Mais concernant la sécrétion et la dissolution de cet (arbre), l'Ecriture, dit-il, a suffisamment parlé. Et en ce qui concerne l'instruction pour ceux qui ont été façonnés à son image, il suffit de cette déclaration qui est faite (dans les Ecritures), que toute chair est de l'herbe, et toute la gloire de la chair, pour ainsi dire, une fleur d'herbe. L'herbe se flétrit et sa fleur tombe ; mais la parole du Seigneur demeure éternellement. La parole du Seigneur, dit-il, est cette parole qui est produite dans la bouche, et (est) un Logos, mais nulle part ailleurs n'existe un lieu de génération.



Chapitre 6. Le système de Simon exposé dans l'œuvre, grande annonce ; suit Empedocle.


Maintenant, pour m'exprimer brièvement, dans la mesure où le feu est de cette description, selon Simon, et puisque toutes choses sont visibles et invisibles, (et) de même résonnantes et non résonnantes, numérables et non sujets de numération ; il désigne dans la Grande Annonce une parfaite intelligible (entité), selon un tel mode, que chacune de ces choses qui, existant indéfiniment, peut être infiniment comprise, à la fois parle, et comprend, et agit de la manière dont parle Empedocle:-

Car la terre, en effet, par la terre nous voyons, et l'eau par l'eau,

Et l'air divin par l'air, et le feu féroce par le feu,

Et l'amour par l'amour, et aussi les conflits par les conflits sombres.



Chapitre 7. Le système de triple émanation de Simon par paires.


Car, dit-il, il a l'habitude de considérer que toutes ces portions du feu, visibles et invisibles, possèdent une perception et une part d'intelligence. Le monde, par conséquent, ce qui est généré, a été produit à partir du feu non engendré. Il a cependant commencé à exister, dit-il, de la manière suivante. Celui qui a été engendré à partir du principe de ce feu a pris six racines, et celles qui sont primaires, du principe originel de la génération. Et il dit que les racines ont été faites à partir du feu par paires, racines qu'il appelle Esprit et Intelligence, Voix et Nom, Ratiocination et Réflexion. Et que dans ces six racines réside simultanément toute la puissance indéfinie potentiellement (mais pas réellement). Et ce pouvoir indéfini, dit-il, est celui qui s'est tenu, se tient et se tiendra. C'est pourquoi, chaque fois qu'il peut être transformé en image, dans la mesure où il existe dans les six pouvoirs, il existera (là) substantiellement, potentiellement, quantitativement, (et) complètement. (Et il sera une puissance) une et même avec le pouvoir non engendré et indéfini, et ne travaillant pas sous une plus grande déficience que ce pouvoir non engendré et inaltérable (et) indéfini. Si, toutefois, il ne peut continuer que potentiellement dans les six puissances, et n'a pas été formé en une image, il disparaît, dit-il, et est détruit de telle manière que la capacité grammaticale ou géométrique dans l'âme de l'homme. En effet, lorsque la capacité prend un art en soi, une lumière de choses existantes est produite ; mais lorsque (la capacité) ne prend pas un art en soi, l'incompétence et l'ignorance en sont les résultats ; et tout comme lorsque (la puissance) était inexistante, elle périt avec l'homme qui expire.



Chapitre 8. La poursuite de la progression de cette triple émanation ; la coexistence avec la double triade d'une septième existence.


Et de ces six puissances, et de la septième qui coexiste avec elles, la première paire, l'Esprit et l'Intelligence, il appelle le Ciel et la Terre. Et que l'un d'eux, étant de sexe masculin, regarde d'en haut et prend soin de son partenaire. Mais que la terre reçoive en bas les fruits rationnels, semblables à la terre, qui sont descendus du ciel. À ce propos, il dit que le Logos, regardant fréquemment vers les choses qui sont générées par l'Esprit et l'Intelligence, c'est-à-dire par le Ciel et la Terre, s'exclame : "Écoute, ô Ciel, et prête l'oreille, ô Terre, car le Seigneur a parlé. J'ai engendré des enfants et je les ai exaltés, et ceux-ci m'ont rejeté. Or, celui qui prononce ces paroles, dit-il, est la septième puissance - celui qui s'est tenu, se tient et se tiendra ; car il est lui-même la cause de ces beaux objets de la création que Moïse a loués et qu'il a dit être très bons. Mais la Voix et le Nom (la deuxième des trois paires) sont le Soleil et la Lune ; et la Ratiocination et la Réflexion (la troisième des trois paires) sont l'Air et l'Eau. Et dans tout cela se mêlent et se mélangent, comme je l'ai déclaré, le grand, l'indéfini, le (soi) pouvoir existant.



Chapitre 9. L'interprétation de l'Hexaëmeron mosaïque par Simon ; sa représentation allégorique du Paradis.


Lorsque, par conséquent, Moïse a parlé des six jours où Dieu a fait le ciel et la terre, et s'est reposé le septième de toutes ses oeuvres, Genèse 2:2 Simon, d'une manière déjà spécifiée, donnant (à ces passages et à d'autres passages de l'Ecriture) une application différente (de celle voulue par les saints écrivains), se déifie lui-même. Ainsi, quand (les disciples de Simon) affirment qu'il y a trois jours engendrés avant le soleil et la lune, ils parlent énigmatiquement de l'Esprit et de l'Intelligence, c'est-à-dire du Ciel et de la Terre, et de la septième puissance, (je veux dire) l'indéfinie. Car ces trois pouvoirs sont produits avant tous les autres. Mais quand ils disent : Il m'a engendré avant tous les âges, Proverbes 8:22-24 de telles déclarations, dit-il, sont supposées tenir bon concernant la septième puissance. Or ce septième pouvoir, qui était un pouvoir existant dans le pouvoir indéfini, qui a été produit avant tous les âges, c'est, dit-il, le septième pouvoir, au sujet duquel Moïse prononce les paroles suivantes : Et l'Esprit de Dieu fut répandu sur l'eau ; c'est-à-dire, dit (le Simonien), l'Esprit qui contient toutes choses en lui-même, et qui est une image de la puissance indéfinie dont parle Simon - une image d'une forme incorruptible, qui seule réduit toutes choses en ordre. En effet, cette puissance qui flotte sur l'eau, étant engendrée, dit-il, à partir d'une forme incorruptible seule, réduit toutes choses en ordre. Lorsque donc, selon ces hérétiques, il s'ensuivit un tel arrangement, et qu'il s'en suivit un semblable dans le monde, la divinité, dit-il, forma l'homme en prenant de l'argile de la terre. Genèse 2:7 Or, l'image est l'Esprit qui est répandu sur l'eau ; et quiconque n'est pas façonné de cette manière, périra avec le monde, dans la mesure où il ne continue que potentiellement, et existe effectivement. C'est ce qui a été dit, dit-il, que nous ne devons pas être condamnés avec le monde. 1 Corinthiens 11:32 Mais si quelqu'un est transformé en figure (de l'Esprit), et s'il est engendré à partir d'un point indivisible, comme il est écrit dans l'Annonce, (un tel, bien que) petit, deviendra grand. Mais ce qui est grand continuera jusqu'à une durée infinie et inaltérable, comme étant ce qui n'est plus soumis aux conditions d'une entité générée.

Comment donc, dit-il, et de quelle manière, Dieu forme-t-il l'homme ? Au Paradis ; car c'est ce qu'il lui semble. Il dit que le Paradis doit être le ventre de la mère, et que c'est là une hypothèse vraie que l'Écriture enseignera, lorsqu'elle dira : "Je suis celui qui te forme dans le ventre de ta mère". Jérémie 1:5 C'est pour cela aussi qu'il souhaite qu'il soit écrit ainsi. Moïse, dit-il, en recourant à l'allégorie, a déclaré que le Paradis est le sein de la mère, si nous devons nous fier à sa déclaration. Si, cependant, Dieu forme l'homme dans le ventre de sa mère - c'est-à-dire au Paradis - comme je l'ai affirmé, que le Paradis soit le ventre, et Edem l'arrière-naissance, un fleuve coulant d'Edem, dans le but d'irriguer le Paradis, Genèse 2:10 (signifiant par là) le nombril. Ce nombril, dit-il, est séparé en quatre principes ; car de chaque côté du nombril se trouvent deux artères, canaux de l'esprit, et deux veines, canaux du sang. Mais quand, dit-il, les vaisseaux ombilicaux sortent d'Édem, c'est-à-dire quand la crépine dans laquelle le fœtus est enveloppé se développe dans le fœtus qui se forme à proximité de l'épigastre - (maintenant) tout cela a en commun le nombril - ces deux veines par lesquelles le sang circule, et est transporté d'Édem. le post-partum, jusqu'à ce qu'on appelle les portes du foie ; (ces veines, dis-je,) nourrissent le fœtus. Mais les artères dont nous avons parlé comme étant des canaux de l'esprit, embrassent la vessie des deux côtés, autour du bassin, et la relient à la grande artère, appelée aorte, à proximité de la crête dorsale. Et de cette façon, l'esprit, en se frayant un chemin à travers les ventricules jusqu'au cœur, produit un mouvement du fœtus. Car le nourrisson qui s'est formé au Paradis ne reçoit pas de nourriture par la bouche, ni ne respire par les narines ; car, lorsqu'il se trouvait au milieu de l'humidité, la mort était à ses pieds, s'il essayait de respirer ; car il aurait (ainsi) été arraché à l'humidité, et aurait péri (en conséquence). Mais (on peut aller plus loin que cela) ; car le (foetus) tout entier est étroitement lié par une couverture appelée la calotte, et est nourri par un nombril, et il reçoit à travers l'(aorte), à proximité de la crête dorsale, comme je l'ai dit, la substance de l'esprit.



Chapitre 10. Explication par Simon des deux premiers livres de Moïse.


Le fleuve, donc, dit-il, qui sort d'Édem est divisé en quatre principes, quatre canaux - c'est-à-dire en quatre sens, appartenant à la créature qui naît, à savoir, la vue, l'odorat, le goût et le toucher ; car l'enfant formé au Paradis n'a que ces sens. C'est, dit-il, la loi que Moïse a établie ; et en référence à cette même loi, chacun de ses livres a été écrit, comme le montrent les inscriptions. Le premier livre est la Genèse. L'inscription du livre est, dit-il, suffisante pour une connaissance de l'univers. Car il s'agit de la (signification équivalente à) la génération, (c'est-à-dire) la vision, en laquelle une section du fleuve est divisée. Car le monde était vu par la puissance de la vision. Là encore, l'inscription du deuxième livre est l'Exode. Car ce qui a été produit, en passant par la mer Rouge, doit venir dans le désert - on dit maintenant qu'il appelle le sang de la mer Rouge, - et goûter une eau amère. Car amère, dit-il, est l'eau qui est (bue) après (avoir traversé) la mer Rouge ; qui (l'eau) est un chemin à fouler, qui mène (nous) à une connaissance dans (cette) vie de (notre) lot pénible et amer. Mais altérée par Moïse - c'est-à-dire par le Logos - cette eau amère devient douce. Et cela afin que nous puissions entendre en commun tous ceux qui s'expriment selon les (sentiments des) poètes:-

Sombre à la racine, comme le lait, la fleur,

Les dieux l'appellent "Moly", et c'est dur pour les mortels

Creuser, mais la puissance divine est sans limite.



Chapitre 11. Explication de Simon des trois derniers livres du Pentateuque.


Ce qui est dit par les païens suffit pour une connaissance de l'univers à ceux qui ont des oreilles (capables) d'entendre. Car celui qui, dit-il, a goûté ce fruit n'est pas le seul à avoir été changé en bête par Circé ; mais aussi, utilisant la puissance d'un tel fruit, il se reforme et se moule à nouveau, et réintègre dans leur caractère primaire particulier, ceux qui ont déjà été transformés en bêtes. Mais un homme fidèle, et bien-aimé par cette sorcière, est, dit-il, découvert grâce à ce fruit divin et semblable au lait. De la même manière, le troisième livre est le Lévitique, qui est l'odorat, ou la respiration. Car l'ensemble de ce livre est (un récit) de sacrifices et d'offrandes. Cependant, lorsqu'il y a un sacrifice, une certaine saveur du parfum se dégage du sacrifice à travers les offrandes d'encens ; et en ce qui concerne ce parfum (le sens de) l'odorat est un test. Les nombres, le quatrième des livres, signifient le goût, là où le discours est opératif. Car, du fait qu'il parle de tout, il est désigné par un arrangement numérique. Mais le Deutéronome, dit-il, est écrit en référence au (sens du) toucher possédé par l'enfant qui se forme. Car comme le toucher, en saisissant les choses qui sont vues par les autres sens, les résume et les ratifie, en testant ce qui est rugueux, ou chaud, ou moite, (ou froid) ; ainsi le cinquième livre de la loi constitue un résumé des quatre livres précédents.

Toutes choses, donc, dit-il, lorsqu'elles ne sont pas engendrées, sont en nous potentiellement, et non pas réellement, comme la grammaire ou la géométrie (art). Si donc on reçoit une instruction et un enseignement appropriés, et (où par conséquent) ce qui est amer sera transformé en ce qui est doux - c'est-à-dire les lances en serpes et les épées en socs de charrue, Esaïe 2:4 - il n'y aura pas de balle et de bois engendré pour le feu, mais du fruit mûr, pleinement formé, comme je l'ai dit, égal et semblable à la puissance non engendrée et indéfinie. Mais si un arbre continue seul, ne produisant pas de fruit pleinement formé, il est totalement détruit. Car quelque part, dit-il, se trouve la hache (qui est posée) aux racines de l'arbre. Tout arbre, dit-il, qui ne produit pas de bons fruits, est abattu et jeté au feu.



Chapitre 12. Le feu, un principe primordial, selon Simon.


Selon Simon, il existe donc en chacun ce qui est béni et incorruptible à l'état latent - (c'est-à-dire,) potentiellement, pas réellement ; et que c'est Lui qui s'est tenu, se tient, et doit se tenir. Il s'est tenu au-dessus dans un pouvoir non engendré. Il se tient en bas, quand dans le courant des eaux Il a été engendré dans une ressemblance. Il doit se tenir au-dessus, à côté de la puissance indéfinie bénie, s'Il est façonné en image. Car, dit-il, il y en a trois qui se sont tenus debout ; et s'il n'y a pas eu trois Æons qui se sont tenus debout, celui qui n'a pas été engendré n'est pas orné. (Or le non engendré) est, selon eux, flotté sur l'eau, et est refait, selon la similitude (d'une nature éternelle), un (être) céleste parfait, en aucune intelligence formée inférieure à la puissance non engendrée : c'est ce qu'ils disent - moi et toi, un ; toi, devant moi ; moi, ce qui est après toi. Ceci, dit-il, est une puissance divisée au-dessus (et) en dessous, se générant elle-même, se faisant croître, se cherchant elle-même, se trouvant elle-même, étant mère d'elle-même, père d'elle-même, sœur d'elle-même, épouse d'elle-même, fille d'elle-même, fils d'elle-même, mère, père, une unité, étant une racine du cercle entier de l'existence.

Et que, dit-il, le principe originel de la génération des choses engendrées vient du feu, il discerne après une méthode telle que la suivante. De toutes les choses, (c'est-à-dire) de tout ce qu'il y a de génération, le début du désir de la génération est du feu. C'est pourquoi le désir après une génération mutable est appelé à s'enflammer. Car lorsque le feu est un, il admet deux conversions. Car, dit-il, le sang de l'homme, qui est à la fois chaud et jaune, se convertit comme une flamme figurée en semence ; mais chez la femme, ce même sang se convertit en lait. Et la conversion de l'homme devient génération, mais la conversion de la nourriture de la femme pour le fœtus. Ceci, dit-il, est l'épée de feu, qui s'est tournée pour garder le chemin de l'arbre de vie. Genèse 3:24 Car le sang est converti en semence et en lait, et ce pouvoir devient mère et père - père des choses qui sont en cours de génération, et de l'augmentation des choses qui sont nourries ; (et ce pouvoir est) sans autre besoin, (et) autosuffisant. Et, dit-il, l'arbre de vie est gardé, comme nous l'avons dit, par l'épée flamboyante brandie. Et c'est la septième puissance, celle qui vient d'elle-même, (et) qui contient tout (les puissances, et) qui repose dans les six puissances. Car si l'épée flamboyante n'est pas brandie, ce bon arbre sera détruit et périra. Si, par contre, ceux-ci sont transformés en graines et en lait, le principe qui réside dans ceux-ci potentiellement, et qui est en possession d'une position appropriée, dans laquelle est développé un principe des âmes, (un tel principe,) commençant, pour ainsi dire, à partir d'une toute petite étincelle, sera tout à fait amplifié, et augmentera et deviendra une puissance indéfinie (et) inaltérable, (égale et similaire) à un âge inaltérable, qui ne passe plus dans l'âge indéfini.



Chapitre 13. Sa doctrine de l'émanation s'est encore élargie.


Ainsi, selon ce raisonnement, Simon devint confessé un dieu à ses stupides disciples, comme ce Libyen, à savoir Apôtre - engendré, sans doute, et soumis à la passion, alors qu'il peut exister potentiellement, mais sans propensions. (Et cela aussi, bien qu'il soit né d'un être qui a des penchants, et non créé bien qu'il soit né) d'un être qui est engendré, lorsqu'il peut être façonné en une figure, et, devenant parfait, peut provenir de deux des puissances primaires, c'est-à-dire le Ciel et la Terre. Car Simon parle expressément de cela dans l'Apocalypse, après cette manière : Je vous adresse donc les choses que je dis, et (à vous) j'écris ce que j'écris. L'écriture est la suivante : il y a deux ramifications de tous les Æons, n'ayant ni commencement ni fin, à partir d'une seule racine. Et c'est une puissance, à savoir, Sige, (qui est) invisible (et) incompréhensible. Et l'une d'entre elles (les ramifications) apparaît d'en haut, ce qui constitue une grande puissance, l'Esprit (créateur) de l'univers, qui gère toutes choses, (et qui est) un mâle. L'autre (ramification), par contre, vient d'en bas, (et constitue) une grande Intelligence, et est une femelle qui produit toutes choses. D'où, par paires opposées, elles vivent en union conjugale et manifestent un intervalle intermédiaire, à savoir un air incompréhensible, qui n'a ni début ni fin. Mais en cela se trouve un père qui soutient toutes choses, et nourrit les choses qui ont un début et une fin. C'est lui qui s'est tenu, se tient et se tiendra, étant une puissance hermaphrodite selon la puissance indéfinie préexistante, qui n'a ni commencement ni fin. Or, ce (pouvoir) existe de manière isolée. Car l'Intelligence, (qui subsiste) dans l'unité, est issue de cette (puissance), (et) est devenue deux. Et ce (père) était un, car ayant en lui cette (puissance) il était isolé, et, cependant, Il n'était pas primordial bien que préexistant ; mais étant rendu manifeste à lui-même à partir de lui-même, il est passé dans un état de dualité. Mais il n'a pas non plus été désigné comme père avant que ce (pouvoir) ne lui donne le titre de père. De même donc que lui-même, se mettant en avant au moyen de lui-même, se manifestait à lui-même sa propre intelligence particulière, de même l'intelligence, lorsqu'elle se manifestait, n'exerçait pas la fonction de création. Mais en le voyant, elle a caché le Père en elle, c'est-à-dire la puissance ; et c'est une puissance hermaphrodite, et une intelligence. Et c'est pourquoi ils sont rangés par deux, l'un en face de l'autre ; car la puissance n'est en rien différente de l'intelligence, dans la mesure où elles sont une. Car c'est de ce qui est en haut que l'on découvre la puissance, et de ce qui est en bas que l'on découvre l'intelligence. C'est donc de la même façon que ce qui se manifeste à partir de ces choses, étant l'unité, est découvert (pour être) la dualité, un hermaphrodite ayant la femelle en soi. C'est donc l'Esprit (qui subsiste) dans l'Intelligence ; et ceux-ci sont séparables l'un de l'autre, (bien que les deux pris ensemble) ne font qu'un, (et) sont découverts dans un état de dualité.



Chapitre 14. Simon interprète son système par la représentation mythologique d'Hélène de Troie ; rend compte de lui-même en relation avec l'héroïne de Troie ; l'immoralité de ses disciples ; la vision du Christ de Simon ; les excuses des Simonistes pour leur vice.


Simon, après avoir inventé ces (préceptes), interpréta non seulement les écrits de Moïse de la manière qu'il souhaitait, mais aussi les (œuvres) des poètes. Car il fixe également un sens allégorique sur (l'histoire du) cheval de bois et d'Hélène au flambeau, et sur de très nombreux autres (récits), qu'il transfère à ce qui se rapporte à lui-même et à l'Intelligence, et en fournit (ainsi) une explication fictive. Il dit cependant que cette (Hélène) était la brebis perdue. Et elle, toujours parmi les femmes, a confondu les pouvoirs du monde en raison de sa beauté surpassée. D'où, également, la guerre de Troie qui a éclaté à cause d'elle. Car dans l'Hélène née à cette époque résidait cette Intelligence ; et ainsi, lorsque tous les pouvoirs étaient pour la revendiquer (pour eux-mêmes), la sédition et la guerre se sont levées, au cours desquelles (ce pouvoir principal) s'est manifesté aux nations. Et de cette circonstance, sans doute, nous pouvons croire que Stesichorus, qui l'avait par (certains) versets injuriée, fut privé de l'usage de ses yeux ; et que, de nouveau, lorsqu'il se repentit et composa des rétractations, dans lesquelles il chantait les louanges (d'Hélène), il retrouva le pouvoir de la vision. Mais les anges et les puissances d'en bas - qui, dit-il, ont créé le monde - ont provoqué le transfert d'un corps à l'autre de (l'âme d'Hélène) ; et par la suite, elle s'est tenue sur le toit d'une maison à Tyr, une ville de Phénicie, et en descendant là (Simon a déclaré l'avoir trouvée). Car il a déclaré que, principalement dans le but de rechercher cette (femme), il était arrivé (à Tyr), afin de la sauver de l'esclavage. Et après l'avoir ainsi rachetée, il avait l'habitude de la conduire avec lui-même, en prétendant que cette (fille) était la brebis perdue, et en affirmant être la Puissance au-dessus de tout. Mais l'homme sale, devenu amoureux de cette misérable femme appelée Hélène, l'acheta (comme son esclave), et profita de sa personne. Mais il fut également ému de honte envers ses disciples et conçut cette image.

Mais, encore une fois, ceux qui deviennent les disciples de cet imposteur - je veux dire Simon le sorcier - se livrent à des pratiques similaires et allèguent irrationnellement la nécessité de relations sexuelles de promiscuité. Ils s'expriment de la manière suivante : Toute terre est terre, et il n'y a pas de différence entre les endroits où l'on sème et ceux où l'on sème, pourvu que l'on sème. Mais même eux se félicitent de ces rapports sans discernement, affirmant qu'il s'agit là d'un amour parfait, et employant les expressions, saintes des saints, et se sanctifient mutuellement. Car (ils voudraient nous faire croire) qu'ils ne sont pas vaincus par le prétendu vice, car ils ont été rachetés. Et (Jésus), en ayant ainsi racheté Hélène, (dit Simon) a offert le salut aux hommes par sa propre intelligence particulière. Car dans la mesure où les anges, en raison de leur désir de prééminence, ont mal géré le monde, (Jésus-Christ) étant transformé, et étant assimilé aux dirigeants et aux puissances et aux anges, est venu pour la restauration (des choses). Et ainsi (c'était ce Jésus) est apparu comme homme, alors qu'en réalité il n'était pas un homme. Et (c'est ainsi) qu'il souffrit également - bien qu'il ne souffrit pas réellement, mais qu'il apparut aux Juifs comme tel - en Judée comme "Fils", en Samarie comme "Père" et parmi les autres païens comme "Esprit Saint". Et (Simon affirme) que Jésus tolérait d'être appelé par n'importe quel nom (parmi les trois mentionnés ci-dessus) que les hommes pourraient vouloir lui donner. Et que les prophètes, s'inspirant des anges créateurs du monde, ont fait des prédictions (à son sujet). C'est pourquoi, (dit Simon), ceux qui croient en Simon et Hélène, et qui font ce qu'ils veulent, en tant que personnes libres, ne se sont pas souciés jusqu'à présent de ces (prophètes), car ils prétendent être sauvés par la grâce. Pour cela, il n'y a pas lieu de punir, même si l'on agit mal ; car un tel homme n'est pas méchant par nature, mais par décret. Car les anges qui ont créé le monde ont fait, dit-il, ce qu'ils voulaient des lois, pensant par de telles paroles (législatives) asservir ceux qui les écoutaient. Mais, encore une fois, ils parlent d'une dissolution du monde, pour la rédemption de ses propres adhérents particuliers.



Chapitre 15. Les disciples de Simon adoptent les mystères ; Simon rencontre saint Pierre à Rome ; Compte rendu des dernières années de Simon.


Les disciples de ce (Mage) célèbrent alors des rites magiques, et ont recours aux incantations. Et (ils prétendent) transmettre à la fois des sorts d'amour et des charmes, et les démons dits émetteurs de rêves, dans le but de distraire qui ils veulent. Mais ils emploient aussi ceux qu'on appelle les Paredroi. Ils ont une image de Simon (façonné) en Jupiter, et une image d'Hélène en Minerve, et ils les adorent. Mais ils appellent l'un Seigneur et l'autre Dame. Et si quelqu'un parmi eux, en voyant les images de Simon ou d'Hélène, les appelait par leur nom, il est rejeté, comme étant ignorant des mystères. Ce Simon, qui a trompé beaucoup de gens en Samarie par ses sortilèges, a été réprouvé par les Apôtres et a été maudit, comme il est écrit dans les Actes des Apôtres. Mais il a ensuite abjuré la foi, et a tenté ces (pratiques précitées). En allant jusqu'à Rome, il se rangea du côté des apôtres et, trompant beaucoup de gens par ses sortilèges, Pierre s'y opposa à plusieurs reprises. Cet homme, finalement réparateur de ... (et) assis sous un platane, continua à donner des instructions (dans ses doctrines). Et en vérité enfin, lorsque la condamnation était imminente, au cas où il tarderait davantage, qu'il soit déclaré que, s'il était enterré vivant, il se lèverait le troisième jour. Et en conséquence, ayant ordonné à ses disciples de creuser une tranchée, il se fit enterrer là. Ils exécutèrent alors l'injonction donnée ; alors qu'il est resté (dans cette tombe) jusqu'à ce jour, car il n'était pas le Christ. Ceci constitue le système légendaire avancé par Simon, et de là Valentinus a tiré un point de départ (pour sa propre doctrine. Cette doctrine, en fait, était la même que celle de Simon, bien que Valentinus) sous différents titres : Nous, et Aletheia, et Logos, et Zoe, et Anthropos, et Ecclesia, et Aeons of Valentinus, sont les six racines de Simon, à savoir, Esprit et Intelligence, Voix et Nom, Ratiocination et Réflexion. Mais puisqu'il nous semble avoir suffisamment expliqué le tissu de légendes de Simon, voyons ce qu'affirme également Valentinus.



Chapitre 16. Hérésie de Valentinus ; Dérivé de Platon et de Pythagore.


L'hérésie de Valentinus est donc certainement liée à la théorie de Pythagore et de Platon. Car Platon, dans le Timée, tire ses impressions de Pythagore, et Timée lui-même est donc son étranger pythagoricien. Il semble donc opportun de commencer par rappeler au lecteur quelques points de la théorie de Pythagore et de Platon, et de déclarer ensuite les opinions de Valentinus. Car même si les livres que nous avons terminés avec tant de peine contiennent les opinions de Pythagore et de Platon, je n'agirai pas de manière déraisonnable en appelant aussi à la mémoire du lecteur, par le biais d'un résumé, les principaux chefs de file des principes favoris de ces spéculateurs. Et cela (récapitulation) facilitera notre connaissance des doctrines de Valentinus, par une comparaison plus proche, et par la similitude de composition (des deux systèmes). Car (Pythagore et Platon) ont dérivé ces principes à l'origine des Égyptiens, et ont introduit leurs nouvelles opinions parmi les Grecs. Mais (Valentinus a pris ses opinions) à partir de ceux-ci, parce que, bien qu'il ait supprimé la vérité concernant ses obligations envers (les philosophes grecs), et qu'il ait ainsi tenté de construire une doctrine, (pour ainsi dire) particulièrement la sienne, en fait, il a modifié les doctrines de ces (penseurs) dans les noms seulement, et les nombres, et a adopté une terminologie particulière (de sa propre initiative). Valentinus a formé ses définitions par des mesures, afin d'établir une hérésie hellénique, diversifiée sans doute, mais instable, et sans lien avec le Christ.



Chapitre 17. Origine de la philosophie grecque.


L'origine, donc, dont Platon a tiré sa théorie dans le Timée, est (la) sagesse des Egyptiens. Car de cette source, par une tradition ancienne et prophétique, Solon a enseigné tout son système concernant la génération et la destruction du monde, comme le dit Platon, aux Grecs, qui étaient (dans la connaissance) de jeunes enfants, et ne connaissaient aucune doctrine théologique de la plus grande antiquité. Afin que nous puissions donc retracer avec précision les arguments par lesquels Valentinus a établi ses principes, je vais maintenant expliquer quels sont les principes de la philosophie de Pythagore de Samos - une philosophie (couplée) avec ce Silence si célébré par les Grecs. Et ensuite de cette manière (je vais élucider) les (opinions) que Valentinus tire de Pythagore et de Platon, mais se réfère avec toute la solennité du discours au Christ, et devant le Christ au Père de l'univers, et au Silence joint au Père.



Chapitre 18. Le système des nombres de Pythagore.


Pythagore a donc déclaré que le principe d'origine de l'univers était la monade non engendrée, et le duad engendré, et le reste des nombres. Et il dit que la monade est le père du duade, et le duade la mère de toutes les choses qui sont en train d'être engendrées - l'engendré (étant la mère) des choses qui sont en train d'être engendrées. Et Zaratas, l'élève de Pythagore, avait l'habitude de désigner l'unité par un père, et la dualité par une mère. Car le duad a été engendré à partir de la monade, selon Pythagore ; et la monade est mâle et primaire, mais le duad femelle (et secondaire). Et à partir du duad, encore une fois, comme le dit Pythagore, (sont générés) la triade et les nombres suivants jusqu'à dix. Car Pythagore est conscient que c'est le seul nombre parfait - je veux dire la décennie - car onze et douze sont une addition et une répétition de la décennie ; non pas, cependant, que ce qui est ajouté constitue la génération d'un autre nombre. Et tous les corps solides qu'il génère à partir de l'incorporel (les essences). Car il affirme qu'un élément et un principe d'entités à la fois corporelles et incorporelles est le point qui est indivisible. Et à partir d'un point, dit-il, est générée une ligne, et à partir d'une ligne une surface ; et une surface s'écoulant dans une hauteur devient, dit-il, un corps solide. D'où aussi les Pythagoriciens ont un certain objet d'adjonction, à savoir, la concordance des quatre éléments. Et ils jurent en ces termes :-

Par celui qui à notre chef quaternion donne,

Une police qui a les racines de la nature éternelle.

Or le quaternion est le principe originel des corps naturels et solides, comme la monade des intelligibles. Et que de même le quaternion génère, dit-il, le nombre parfait, comme dans le cas des intelligibles (la monade) fait la décennie, ils enseignent ainsi. S'il y en a qui commencent à compter, dit-il, et ajoutent deux, puis de la même manière trois, ceux-ci (ensemble) seront six, et à ceux-ci (ajoutent) en plus quatre, la totalité (somme), de la même manière, sera dix. Pour un, deux, trois, quatre, devenez dix, le nombre parfait. Ainsi, dit-il, le quaternion imitait en tout point la monade intelligible, qui était capable de générer un nombre parfait.



Chapitre 19. La dualité des substances de Pythagore ; ses catégories.


Il existe donc, selon Pythagore, deux mondes : l'un intelligible, qui possède la monade pour un principe originaire ; et l'autre sensible. Mais de ce (dernier) est le quaternion ayant l'iota du titre unique, Matthieu 5:18 un nombre parfait. Et il y a aussi, selon les Pythagoriciens, le i, le titre unique, qui est le chef et le plus dominant, et qui nous permet d'appréhender la substance de ces entités intelligibles qui sont capables d'être comprises par le biais de l'intellect et du sens. (Et dans cette substance se trouvent) les neuf accidents incorporels qui ne peuvent exister sans substance, à savoir, la qualité, la quantité, la relation, le lieu, le moment, la position, la possession, l'action et la passion. Ce sont donc les neuf accidents (hérités dans) la substance, et quand on les compte avec ces (substances), ils contiennent le nombre parfait, le i. C'est pourquoi, l'univers étant divisé, comme nous l'avons dit, en un monde intelligible et sensible, nous avons aussi la raison de l'intelligible (monde), afin que par la raison nous puissions voir la substance des choses qui sont reconnues par l'intellect, et qui sont incorporelles et divines. Mais nous avons, dit-il, cinq sens - l'odorat, la vue, l'ouïe, le goût et le toucher. Or, c'est grâce à eux que nous parvenons à la connaissance des choses qui sont discernées par le sens ; et ainsi, dit-il, le sensible est séparé du monde intelligible. Et que nous avons pour chacun d'entre eux un instrument pour atteindre la connaissance, nous le percevons à partir de la considération suivante. Rien, dit-il, des intelligibles ne peut nous être connu par le sens. Car, dit-il, ni l'œil, ni l'oreille n'ont vu, ni l'oreille n'ont entendu, et aucun des autres sens ne connaît cela (ce qui est reconnu par l'esprit). Il n'est pas non plus possible, encore une fois, par la raison, d'arriver à la connaissance d'une quelconque des choses discernables par le sens. Mais il faut voir qu'une chose est blanche, et goûter qu'elle est douce, et savoir en l'entendant qu'elle est musicale ou désaccordée. Et le fait qu'une odeur soit odorante ou désagréable est une fonction de l'odorat, et non de la raison. Il en va de même pour les objets du toucher ; pour tout ce qui est rugueux, ou doux, ou chaud, ou froid, il n'est pas possible de le savoir par l'ouïe, mais (loin de là), car le toucher est le juge de ces (sensations). Les choses étant ainsi constituées, on observe que la disposition des choses qui ont été faites et qui sont faites se fait en conformité avec des (combinaisons) numériques. Car de la même manière que, partant d'une monade, par une addition de monades ou de triades, et d'un ensemble de nombres successifs, on fait un très grand ensemble complexe de nombres ; (et) puis, de nouveau, à partir d'un nombre amassé ainsi formé par addition, on réalise, par une certaine soustraction et un certain recalcul, une solution de la totalité des nombres amassés ; De même, il affirme que le monde, lié par une certaine chaîne arithmétique et musicale, était, par sa tension et sa détente, et par l'addition et la soustraction, toujours et pour toujours maintenu dans la corruption.



Chapitre 20. La cosmogonie de Pythagore ; semblable à celle d'Empedocle.


Les Pythagoriciens déclarent donc leur opinion concernant la continuation du monde d'une manière ou d'une autre comme celle-ci :-

Car jusqu'à présent, il a été et sera ; jamais, je ne me lasse,

De ces deux éléments, l'âge éternel sera annulé.

De ceux-ci ; mais quels sont-ils ? La discorde et l'amour. Or, dans leur système, l'Amour forme le monde incorruptible (et) éternel, comme ils le supposent. Car la substance et le monde ne font qu'un. La discorde, cependant, sépare et sépare, et témoigne de nombreuses tentatives de subdivision pour former le monde. C'est comme si l'on divisait en petites parties, et que l'on divisait arithmétiquement, la myriade en milliers, et les centaines, et les dizaines ; et que l'on dramatisait en oboles et en petites choses. De cette façon, dit-il, la discorde divise la substance du monde en animaux, plantes, métaux et autres choses semblables. Et le fabricant de la génération de toutes les choses produites est, selon eux, la Discorde ; tandis que l'Amour, d'autre part, gère et pourvoit à l'univers de telle manière qu'il jouit de la permanence. Et en conduisant ensemble dans l'unité les parties divisées et dispersées de l'univers, et en les faisant sortir de leur mode d'existence (séparé), (l'Amour) unit et ajoute à l'univers, afin qu'il puisse jouir de la permanence ; et il constitue ainsi un seul système. Ils ne cesseront donc pas - ni la Discorde divisant le monde, ni l'Amour attachant au monde les parties divisées. Il semblerait que la répartition du monde selon Pythagore fasse partie de cette description. Mais Pythagore dit que les étoiles sont des fragments du soleil, et que les âmes des animaux sont transportées à partir des étoiles ; et que celles-ci sont mortelles lorsqu'elles sont dans le corps, comme si elles étaient enterrées, pour ainsi dire, dans une tombe : alors qu'elles se lèvent (de ce monde) et deviennent immortelles, lorsque nous sommes séparés de nos corps. D'où Platon, à qui quelqu'un demandait "Qu'est-ce que la philosophie ?", répondait "C'est une séparation de l'âme et du corps.



Chapitre 21. Autres opinions de Pythagore.


Pythagore devint donc un étudiant de ces doctrines, dans lesquelles il parle à la fois par des énigmes et par des expressions comme celles-ci : Quand tu t'éloignes de ton propre (tabernacle), ne reviens pas ; si, par contre, (tu agis) non (ainsi), les Furies, auxiliaires de la justice, te dépasseront,- dénommant le corps propre (tabernacle), et ses passions les Furies. Quand donc, dit-il, vous vous éloignez, c'est-à-dire quand vous sortez du corps, n'en éprouvez pas un désir ardent ; mais si vous êtes désireux (de partir), les passions vous confineront à nouveau dans le corps. Car celles-ci supposent qu'il y ait un passage des âmes d'un corps à l'autre, comme l'affirme également Empedocle, adoptant les principes de Pythagore. Car, dit-il, les âmes qui sont amoureuses du plaisir, comme l'affirme Platon, si, lorsqu'elles sont dans la condition de souffrance accessoire à l'homme, elles n'évoluent pas les théories de la philosophie, doivent passer par tous les animaux et les plantes (retour) dans un corps humain. Et lorsque (l'âme) peut former un système de spéculation trois fois dans le même corps, (il soutient) qu'elle s'élève jusqu'à la nature d'une étoile semblable. Mais si (l'âme) ne philosophe pas, (elle doit passer) par la même (succession de changements une fois de plus). Il affirme donc que l'âme peut parfois même devenir mortelle, si elle est vaincue par les Furies, c'est-à-dire les passions (du corps) ; et immortelle, si elle parvient à échapper aux Furies, qui sont les passions.



Chapitre 22. Les paroles de Pythagore.


Mais puisque nous avons également choisi de mentionner les dictons que Pythagore exprimait sombrement à ses disciples au moyen de symboles, il semble également opportun de rappeler (au lecteur) le reste (de ses doctrines. Et nous abordons ce sujet) en raison également des hérésiaires, qui tentent par une méthode quelconque de cette description de converser au moyen de symboles ; et ceux-ci ne sont pas les leurs, mais ils ont, (en les proposant,) tiré profit des expressions employées par les Pythagoriciens. Pythagore instruit ensuite ses disciples, en s'adressant à eux comme suit : Liez le sac qui porte la literie. (Maintenant,) dans la mesure où ceux qui ont l'intention de partir en voyage attachent leurs vêtements dans un portefeuille, pour être prêts pour la route ; ainsi, (de la même manière,) il souhaite que ses disciples soient préparés, puisque chaque instant la mort risque de les surprendre. (C'est ainsi que Pythagore cherchait à faire en sorte) que (ses disciples) ne manquent d'aucune des qualifications requises chez ses élèves. C'est pourquoi, par nécessité, il avait l'habitude, à l'aube du jour, d'instruire les Pythagoriciens de s'encourager mutuellement à lier le sac qui porte la literie, c'est-à-dire à être prêt pour la mort. Ne pas attiser le feu avec une épée ; (c'est-à-dire) ne pas, en s'adressant à lui, se quereller avec un homme enragé ; car une personne dans une passion est comme le feu, alors que l'épée est l'expression prononcée. Ne piétinez pas un besom ; (c'est-à-dire,) ne méprisez pas une petite affaire. Ne plantez pas un palmier dans une maison ; (c'est-à-dire) ne semez pas la discorde dans une famille, car le palmier est un symbole de bataille et de massacre. Ne mangez pas sur un tabouret ; (c'est-à-dire) n'entreprenez pas un art ignoble, afin de ne pas être esclave du corps, qui est corruptible, mais gagnez votre vie grâce à la littérature. Car il est à votre portée de nourrir le corps et de rendre l'âme meilleure. Ne prenez pas une bouchée d'un pain non coupé ; (c'est-à-dire) ne diminuez pas vos possessions, mais vivez du profit (de celles-ci), et gardez votre substance comme un pain entier. Ne vous nourrissez pas de haricots ; (c'est-à-dire,) n'acceptez pas le gouvernement d'une ville, car avec les haricots, ils avaient l'habitude à l'époque de voter pour leurs magistrats.



Chapitre 23. Le système astronomique de Pythagore.


Ces affirmations, et d'autres semblables, sont avancées par les Pythagoriciens ; et les hérétiques, qui les imitent, sont supposés par certains de dire des vérités importantes. Le système pythagoricien, cependant, établit que le Créateur de toutes les existences supposées est le Grand Géomètre et Calculateur - un soleil ; et que celui-ci a été fixé dans le monde entier, tout comme dans les corps une âme, selon la déclaration de Platon. Car le soleil (étant de la nature du) feu, ressemble à l'âme, mais la terre (ressemble au) corps. Et, séparé du feu, il n'y aurait rien de visible, ni aucun objet de toucher sans quelque chose de solide ; mais aucun corps solide n'existe sans la terre. D'où la divinité, en plaçant l'air au milieu, a façonné le corps de l'univers à partir du feu et de la terre. Et le Soleil, dit-il, calcule et mesure géométriquement le monde d'une manière ou d'une autre, comme suit Le monde est une unité connaissable par le sens ; et concernant ce (monde), nous faisons maintenant ces affirmations. Mais un adepte de la science des nombres, et un géomètre, l'a divisé en douze parties. Et les noms de ces parties sont les suivants : Bélier, Taureau, Gémeaux, Cancer, Lion, Vierge, Balance, Scorpion, Sagittaire, Capricorne, Verseau, Poissons. De nouveau, il divise chacune des douze parties en trente parties, et ce sont les jours du mois. De nouveau, il divise chaque partie des trente parties en soixante petites divisions, et (chacune) de ces petites (divisions) il les subdivise en portions minuscules, et (celles-ci encore) en portions encore plus minuscules. Et en faisant toujours cela, sans intermittence, mais en rassemblant à partir de ces parties divisées (un agrégat), et en le constituant en une année ; et en résolvant et en divisant à nouveau l'agrégat, (le soleil) termine complètement le grand monde et le monde éternel.