Irénée de Lyon

CONTRE LES HÉRÉSIES LIVRE I : CHAPITRE XXII

Titre 5
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CHAPITRE XXII

Texte établi par M. de Genoude, Sapia, 1838 (Tome troisième, p. 73-74)


Croyance des véritables Chrétiens. Unité d’un Dieu. Les hérésiarques n’admettent ce principe que pour le rejeter ensuite ; c’est pourquoi ils seront un jour condamnés.





Nous autres Chrétiens, qui sommes dans le sein de l’Église, nous sommes invariablement fixés à la règle unique de la vérité, qui est la croyance en un Dieu tout-puissant qui a tout fait par son Verbe, et qui l’a fait de rien ; car l’Écriture dit : « La parole du Seigneur a raffermi les cieux, et de l’esprit de sa bouche est sortie toute vertu. » Elle dit ailleurs : « Tout a été fait par lui, et sans lui, rien n’a été fait. » Il a tout fait sans aide ; il a tout fait par lui-même, les choses visibles ainsi que les choses invisibles. Les choses sensibles, comme celles qui ne le sont pas ; les choses intelligibles, comme celles qui ne le sont pas ; les choses qui n’ont qu’une certaine durée, et celles qui sont éternelles : il n’a point employé le ministère de ses anges, ni celui des puissances célestes, séparées de lui ; car le Dieu qui a tout n’a besoin de personne ; il a tout fait par son Verbe et par son esprit, disposition, administration ; il fait tout, il domine tout ; le monde où nous sommes est le monde de tous ; et Dieu, le Dieu qui a fait l’homme, est toujours et invariablement le Dieu d’Abraham, le Dieu de Jacob, le Dieu au-dessus de tous les dieux, existant au commencement, sans secours étranger et sans Plerum. Ce Dieu est le père de Jésus-Christ notre Seigneur, comme nous allons le démontrer. Au milieu des nombreux systèmes que nous venons de produire, il nous sera facile, avec ce seul axiome, de prouver à ceux qui les ont mis en avant qu’ils se sont écartés du chemin de la vérité. La plupart des hérésiarques admettent l’unité d’un Dieu, puis ils le délaissent aussi ingrats envers celui qui les a créés que les gentils qui adorent les idoles ; ils méprisent l’œuvre de Dieu, ils contrarient celle de leur salut, ils deviennent des accusateurs contre eux-mêmes, ils sont de faux témoins : qu’ils le veuillent ou non, ces hommes ressusciteront au dernier jour pour reconnaître la puissance de celui qui rend la vie à leur chair ; mais leur incrédulité les fera rejeter du nombre des justes.


Chacun d’entre eux propose un système, chacun varie dans sa pensée et dans sa doctrine ; mais comme nous nous proposons de répondre à chaque pensée et à chaque doctrine en ce qui la distingue, il faut avant remonter aux sources ; la racine fera connaître l’arbre, et nous saurons enfin d’où vient leur sublime Bythus et tout le système qu’il a fait naître.