Irénée de Lyon

CONTRE LES HÉRÉSIES LIVRE I : CHAPITRE XIX

Titre 5
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CHAPITRE XIX

Texte établi par M. de Genoude, Sapia, 1838 (Tome troisième, p. 67-68)


Passages de l’Écriture que cite Marcus à l’appui de son système




Il n’est pas inutile, je l’ai pensé, de faire connaître quelques détails de leurs systèmes sur le Propator, ignoré de tous avant l’arrivée du Christ ; de montrer de quels passages des livres sacrés ils abusent pour faire croire que le Christ aurait annoncé, comme l’amour de toutes choses, un autre Dieu que celui que nous adorons. Et c’est d’une faute ou d’une révolte que ces impies font naître ce nouveau Dieu. Ainsi ce passage d’Isaïe : « Israël ne m’a pas connu, mon peuple ne m’a pas compris, » servirait, à les en croire, pour démontrer que le Bythus invisible n’était pas connu d’Isaïe ; et lorsque Osée s’écriait : « Il n’est point en eux de vérité, il n’est point en eux de connaissance de Dieu, » il voulait aussi parler de l’ignorance des hommes à l’égard de ce Bythus. Ailleurs, quand le même prophète s’écrie : « Nul parmi mon peuple ne connaît et ne recherche ; tous se sont éloignés de la voie sainte ; tous sont devenus des serviteurs inutiles. » Il aurait parlé encore dans le même sens.


Nous lisons dans Moïse : « Personne ne peut avoir vu Dieu et vivre. » Ce passage vient droit encore en appui à leur doctrine ; c’est donc en vain que ces novateurs osent soutenir que ces passages pourraient s’appliquer à un autre Dieu qu’au Dieu de l’Écriture. Tout le monde comprend le sens de ce passage, « personne ne peut voir Dieu sans mourir ; » il est bien clair qu’il s’applique uniquement à Dieu, créateur de toutes choses qui est invisible pour la créature, et qu’il ne peut être ici question en aucune manière de leur Bythus, comme nous le démontrerons plus loin. Ils abusent encore du passage où Daniel explique au roi la vision qu’il avait eue, et où Daniel demande à l’ange de lui faire connaître cette explication. Cette réponse mystérieuse, qui indiquait les profondeurs de l’existence de Bythus, serait celle-ci ; et il dit : « Va Daniel, car les paroles sont fermées et scellées jusqu’au terme fixé. Plusieurs seront élus et purifiés, et éprouvés comme le feu, et tous les impies ne comprendront pas, mais les sages entendront. » Les valentiniens prétendent être ces hommes purifiés et intelligents.