Origène

LETTRE A GREGORY 1

Titre 5
Titre 5

SOMMAIRE

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Salutation en Dieu, mon très excellent monsieur, et vénérable fils Gregory, d'Origène. Comme vous le savez bien, une disposition naturelle à la compréhension peut, si l'on y ajoute la pratique, contribuer quelque peu à la fin contingente, si je puis dire, de ce que chacun souhaite pratiquer. Ainsi, vos qualités naturelles pourraient faire de vous un avocat romain accompli ou un philosophe grec, pour ainsi dire, d'une des écoles les plus réputées. Mais je tiens à ce que vous consacriez toute la force de vos qualités naturelles au christianisme, pour votre bien ; et pour cela, je voudrais vous demander d'extraire de la philosophie des Grecs ce qui peut servir de cours d'étude ou de préparation au christianisme, et de la géométrie et de l'astronomie ce qui servira à expliquer les Saintes Écritures, afin que tout ce que les fils des philosophes ont l'habitude de dire sur la géométrie et la musique, la grammaire, la rhétorique et l'astronomie, en tant que compagnons de la philosophie, nous puissions le dire sur la philosophie elle-même, en relation avec le christianisme.

Peut-être quelque chose de ce genre est-il occulté dans ce qui est écrit dans l'Exode de la bouche de Dieu, selon lequel les enfants d'Israël ont reçu l'ordre de demander à leurs voisins et à ceux qui habitent avec eux des vases d'argent et d'or et des vêtements, afin qu'en dépouillant les Égyptiens, ils puissent disposer de matériel pour la préparation des choses qui se rapportent au service de Dieu. Car c'est à partir de ce que les enfants d'Israël ont pris aux Égyptiens que furent fabriqués les ustensiles du Saint des Saints : l'arche avec son couvercle, les chérubins, le propitiatoire et le coffre d'or, où était la manne, le pain des anges. Ces objets ont probablement été fabriqués avec le meilleur de l'or égyptien. Un type inférieur était utilisé pour le chandelier en or massif près du voile intérieur et de ses branches, et la table en or sur laquelle se trouvaient les morceaux de pain de mie et l'encensoir en or entre eux. Et s'il y avait une troisième et une quatrième qualité d'or, on en faisait les vases sacrés ; et les autres choses étaient faites en argent égyptien. Car, lorsque les enfants d'Israël habitaient en Égypte, ils tiraient de leur séjour dans ce pays un profit tel qu'ils ne manquaient pas de matériel aussi précieux pour les ustensiles du service de Dieu. Et du vêtement égyptien étaient probablement faites toutes ces choses qui, comme le mentionne l'Écriture, avaient besoin d'être cousues et brodées, cousues avec la sagesse de Dieu, les unes aux autres, afin que les voiles soient faits, et les parvis intérieurs et extérieurs. Et pourquoi devrais-je continuer, dans cette digression inopportune, à exposer combien utiles aux enfants d'Israël étaient les choses apportées d'Égypte, que les Égyptiens n'avaient pas utilisées à bon escient, mais que les Hébreux, guidés par la sagesse de Dieu, utilisaient pour le service de Dieu ? Or, l'Écriture sainte a coutume de présenter comme un mal la descente du pays des enfants d'Israël en Égypte, indiquant que certaines personnes subissent un préjudice du fait de leur séjour parmi les Égyptiens, c'est-à-dire de leur ingérence dans la connaissance de ce monde, après avoir souscrit à la loi de Dieu et au service israélite de celui-ci. Ader au moins, l'Idumée ; tant qu'il était en terre d'Israël, et qu'il n'avait pas goûté le pain des Égyptiens, ne faisait pas d'idoles. C'est en fuyant le sage Salomon, et en descendant en Égypte, comme s'il fuyait la sagesse de Dieu, qu'il a été fait parent de Pharaon, en épousant la sœur de sa femme et en engendrant un enfant, qui fut élevé avec les enfants de Pharaon, qu'il a fait cela. C'est pourquoi, bien qu'il soit revenu au pays d'Israël, il n'est revenu que pour diviser le peuple de Dieu et pour faire dire au veau d'or : "Voici tes dieux, Israël, qui t'a fait monter du pays d'Égypte. Et je peux vous dire, d'après mon expérience, que peu de gens ne retirent d'Égypte que ce qui est utile, et s'en vont l'utiliser au service de Dieu ; alors qu'Ader l'Idumée a beaucoup de frères. Ce sont eux qui, à partir de leurs études grecques, produisent des notions hérétiques, et les installent, comme le veau d'or, à Béthel, qui signifie la maison de Dieu. Ces mots me semblent également indiquer qu'ils ont mis en place leurs propres imaginations dans les Écritures, où réside la parole de Dieu, qui est appelée dans une figure Béthel. L'autre figure, le mot dit, a été établie à Dan. Or, les frontières de Dan sont les plus extrêmes, et les plus proches des frontières des païens, comme le montre clairement ce qui est écrit dans Josué, le fils de Nun. Or, certains des dispositifs de ces frères d'Ader, comme nous les appelons, sont également très proches des frontières des païens.


Alors, mon fils, applique-toi assidûment à la lecture des Saintes Écritures. Applique-toi, je te dis. Car nous qui lisons les choses de Dieu, nous avons besoin de beaucoup d'application, de peur de dire ou de penser quelque chose de trop irréfléchi à leur sujet. Et vous appliquant ainsi à l'étude des choses de Dieu, avec des préjugés fidèles tels qu'ils plaisent à Dieu, frappez à sa porte fermée, et elle vous sera ouverte par le portier, dont Jésus dit : A lui le portier ouvre. Et en vous appliquant ainsi à l'étude divine, cherchez bien, et avec une confiance inébranlable en Dieu, le sens des Saintes Écritures, qui a manqué à tant de personnes. Ne vous contentez pas de frapper et de chercher ; car la prière est de toutes choses indispensable à la connaissance des choses de Dieu. Car c'est à cela que le Sauveur a exhorté, et il a dit non seulement : Frappez, et l'on vous ouvrira ; cherchez, et vous trouverez, mais aussi : Demandez, et l'on vous donnera. Mon amour paternel pour vous m'a rendu ainsi audacieux ; mais si mon audace est bonne, Dieu le saura, et son Christ, et tous ceux qui participent à l'Esprit de Dieu et à l'Esprit du Christ. Puissiez-vous aussi participer, et augmenter sans cesse votre héritage, afin que vous puissiez dire non seulement : Nous sommes devenus participants de Christ, mais aussi participants de Dieu.