FRAGMENT DE PAPIAS DE HIÉRAPOLIS

Titre 5
Titre 5

SOMMAIRE

LIVRE AUDIO

I


De l'exposition des oracles du Seigneur.



[Les écrits de Papias en circulation sont au nombre de cinq, et on les appelle une exposition des oracles du Seigneur. Irénée en fait mention comme étant les seuls ouvrages écrits par lui, dans les termes suivants : Le témoignage de ces choses est porté par Papias, un homme ancien, qui a entendu Jean et qui était un ami de Polycarpe, dans le quatrième de ses livres, car il en a composé cinq. Ainsi écrivit Irénée. De plus, Papias lui-même, dans l'introduction de ses livres, montre qu'il n'était pas lui-même un auditeur et un témoin oculaire des saints apôtres ; mais il nous dit qu'il a reçu les vérités de notre religion de ceux qui les connaissaient [les apôtres] en ces termes :].


Mais je ne manquerai pas de consigner, avec mes interprétations, les instructions que j'ai reçues avec soin à tout moment des anciens, et que j'ai conservées avec soin dans ma mémoire, en vous assurant en même temps de leur vérité. Car je n'ai pas pris plaisir, comme la foule, à ceux qui parlaient beaucoup, mais à ceux qui enseignaient la vérité ; ni à ceux qui racontaient des commandements étranges, mais à ceux qui répétaient les commandements donnés par le Seigneur à la foi, et procédant de la vérité elle-même. Si donc quelqu'un qui avait assisté à la réunion des anciens est venu, je lui ai demandé minutieusement après leurs paroles - ce qu'André ou Pierre a dit, ou ce qui a été dit par Philippe, ou par Thomas, ou par Jacques, ou par Jean, ou par Matthieu, ou par tout autre disciple du Seigneur : ce que disent Aristion et le presbytre Jean, les disciples du Seigneur. Car j'imaginais que ce qui devait être tiré des livres ne m'était pas aussi profitable que ce qui venait de la voix vivante et permanente.



II


[Les premiers chrétiens] appelaient enfants ceux qui pratiquaient une ruse pieuse, [comme l'affirment Papias dans le premier livre des Expositions du Seigneur, et Clemens Alexandrinus dans son Pædagogue].



III


Judas marchait en ce monde un triste exemple d'impiété ; son corps ayant tellement enflé qu'il ne pouvait pas passer là où un char pouvait passer facilement, il était écrasé par le char, de sorte que ses entrailles jaillissaient.



IV


Comme les anciens qui ont vu Jean le disciple du Seigneur se sont souvenus qu'ils avaient entendu de lui comment le Seigneur enseignait en ce qui concerne ces temps-là, et ont dit] : Les jours viendront où la vigne poussera, ayant dix mille rameaux, dix mille brindilles par rameau, dix mille pousses par rameau véritable, dix mille grappes par rameau, dix mille raisins par grappe, et chaque raisin, une fois pressé, donnera cinq et vingt mètres de vin. Et quand l'un des saints saisira une grappe, un autre s'écriera : "Je suis une meilleure grappe, prenez-moi ; bénissez le Seigneur par moi. De même, [Il dit] qu'un grain de blé produirait dix mille épis, et que chaque épi aurait dix mille grains, et que chaque grain donnerait dix livres de farine claire, pure et fine ; que les pommes, les graines et l'herbe produiraient dans des proportions semblables ; et que tous les animaux, se nourrissant alors uniquement des productions de la terre, deviendraient paisibles et harmonieux, et seraient parfaitement soumis à l'homme. [Ces faits sont attestés par écrit par Papias, un ancien, qui était un auditeur de Jean et un ami de Polycarpe, dans le quatrième de ses livres ; car cinq livres ont été composés par lui. Et il ajouta : "Maintenant, ces choses sont crédibles pour les croyants. Et Judas, le traître, dit-il, ne croyant pas, et demandant : "Comment de tels progrès seront-ils accomplis par le Seigneur", le Seigneur dit : "Ils verront qui viendra à eux". Voici donc les temps mentionnés par le prophète Ésaïe : Et le loup se couchera avec l'agneau", etc. Ésaïe 11:6 et suivants].



V


Comme le disent les presbytres, alors ceux qui seront jugés dignes d'une demeure dans le ciel y iront, d'autres jouiront des délices du Paradis, et d'autres encore posséderont la splendeur de la ville ; car partout on verra le Sauveur, selon qu'ils seront dignes de Le voir. Mais qu'il y ait cette distinction entre l'habitation de ceux qui produisent au centuple, et celle de ceux qui produisent au soixante, et celle de ceux qui produisent au trente ; car les premiers seront enlevés dans les cieux, les seconds habiteront au Paradis, et les derniers habiteront la ville ; et qu'à cause de cela le Seigneur a dit : Dans la maison de mon Père il y a beaucoup de demeures : Jean 14:2 car toutes choses appartiennent à Dieu, qui fournit à tous une demeure convenable, selon sa parole, qu'une part est donnée à tous par le Père, selon que chacun en est ou en sera digne. Et voici le canapé Matthieu 22:10 dans lequel ils se coucheront pour festoyer, étant invités aux noces. Les presbytres, les disciples des apôtres, disent que c'est la graduation et la disposition de ceux qui sont sauvés, et qu'ils avancent par des pas de cette nature ; et que, de plus, ils montent par l'Esprit au Fils, et par le Fils au Père ; et qu'en temps voulu le Fils livrera son oeuvre au Père, comme il est dit par l'apôtre, car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort. 1 Corinthiens 15:25-26 Car, aux temps du royaume, le juste qui est sur la terre oubliera de mourir. Mais lorsqu'il dit que toutes choses sont mises sous lui, il est évident qu'il est excepté celui qui a mis toutes choses sous lui. Et quand toutes choses lui seront soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui a mis toutes choses sous lui, afin que Dieu soit tout en tous. 1 Corinthiens 15:27-28



VI


[Papias, que nous mentionnons maintenant, affirme qu'il a reçu les paroles des apôtres de ceux qui les ont accompagnés, et il affirme en outre qu'il a entendu en personne l'Aristion et le presbytre Jean. En conséquence, il les mentionne fréquemment par leur nom, et donne dans ses écrits leurs traditions. Notre notification de ces circonstances ne peut être sans utilité. Il peut également être utile d'ajouter aux déclarations de Papias déjà données, d'autres passages de sa part dans lesquels il relate certains actes miraculeux, en affirmant qu'il en a acquis la connaissance par la tradition. La résidence de l'apôtre Philippe avec ses filles à Hiérapolis a été mentionnée ci-dessus. Nous devons maintenant souligner comment Papias, qui vivait à la même époque, raconte qu'il avait reçu un merveilleux récit des filles de Philippe. En effet, il raconte qu'un homme mort a été ressuscité à son époque. Il mentionne également un autre miracle relatif à Justus, surnommé Barsabas, qui a avalé un poison mortel et n'a reçu aucun mal, grâce à la grâce du Seigneur. La même personne a d'ailleurs établi d'autres choses qui lui viennent d'une tradition non écrite, parmi lesquelles d'étranges paraboles et instructions du Sauveur, et d'autres choses d'une nature plus fabuleuse. Parmi celles-ci, il dit qu'il y aura un millénaire après la résurrection des morts, lorsque le règne personnel du Christ sera établi sur cette terre. Il transmet en outre, dans ses propres écrits, d'autres récits issus de l'Aristion des paroles du Seigneur mentionnée plus haut, et des traditions du presbytre Jean. Pour des informations sur ces points, nous pouvons simplement renvoyer nos lecteurs aux livres eux-mêmes ; mais maintenant, aux extraits déjà faits, nous ajouterons, comme étant de première importance, une tradition concernant Marc qui a écrit l'Évangile, qu'il [Papias] a donnée en ces termes] : Et le presbytre a dit ceci. Marc étant devenu l'interprète de Pierre, il a écrit avec précision tout ce dont il se souvenait. Cependant, ce n'est pas dans l'ordre exact qu'il a relaté les paroles ou les actes du Christ. Car il n'a ni écouté le Seigneur, ni accompagné le Christ. Mais ensuite, comme je l'ai dit, il a accompagné Pierre, qui a adapté ses instructions aux besoins [de ses auditeurs], mais sans intention de raconter régulièrement les paroles du Seigneur. C'est pourquoi Marc ne s'est pas trompé en écrivant ainsi certaines choses telles qu'il s'en souvenait. Il a notamment pris soin de ne rien omettre de ce qu'il avait entendu, et de ne rien mettre de fictif dans les déclarations. [C'est ce que Papias rapporte à propos de Marc ; mais en ce qui concerne Matthieu, il a fait les déclarations suivantes] : Matthieu a rassemblé les oracles [du Seigneur] en langue hébraïque, et chacun les a interprétés du mieux qu'il a pu. (La même personne utilise les preuves de la Première Épître de Jean et de l'Épître de Pierre de la même manière. Et il donne également une autre histoire d'une femme qui a été accusée de nombreux péchés devant le Seigneur, qui se trouve dans l'Evangile selon les Hébreux].



VII


Papias parle ainsi, mot pour mot : "À certains d'entre eux [les anges], il a donné la domination sur l'organisation du monde, et il les a chargés de bien exercer leur domination. Et il dit, immédiatement après cela : mais il se trouve que leur arrangement n'a rien donné.



VIII



En ce qui concerne l'inspiration du livre (l'Apocalypse), il nous semble superflu d'ajouter un autre mot ; car les bienheureux Grégoire Théologus et Cyrille, et même des hommes encore plus anciens, Papias, Irénée, Méthode et Hippolyte, en ont donné un témoignage tout à fait satisfaisant.



IX


En prenant exemple sur Papias de Hiérapolis, l'illustre, disciple de l'apôtre qui s'appuyait sur le sein du Christ, et sur Clemens, et Pantænus, le prêtre de [l'Église] des Alexandrins, et le sage Ammonius, les anciens et premiers exposants, qui étaient d'accord entre eux, qui comprenaient l'œuvre des six jours comme se référant au Christ et à toute l'Église.



X


(1.) Marie, mère du Seigneur ; (2.) Marie, épouse de Cléophas ou Alphée, qui fut la mère de l'évêque et apôtre Jacques, de Simon et Thaddée, et d'un Joseph ; (3.) Marie Salomé, épouse de Zébédée, mère de l'évangéliste Jean et de Jacques ; (4.) Marie Madeleine. Ces quatre personnages se retrouvent dans l'Évangile. Jacques, Judas et Joseph étaient fils d'une tante (2) du Seigneur. Jacques et Jean étaient également les fils d'une autre tante (3) du Seigneur. Marie (2), mère de Jacques le mineur et Joseph, épouse d'Alphée, était la soeur de Marie, mère du Seigneur, que Jean nomme Cléophas, soit de son père, soit de la famille du clan, ou pour une autre raison. Marie Salomé (3) est appelée Salomé soit de son mari, soit de son village. Certains affirment qu'elle est la même que Marie de Cléophas, car elle a eu deux maris.