Irénée de Lyon

CONTRE LES HÉRÉSIES LIVRE I : CHAPITRE XXVI

Titre 5
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CHAPITRE XXVI

Texte établi par M. de Genoude, Sapia, 1838 (Tome troisième, p. 81-84)


Cérinthe. — Les ébionites et les nicolaïtes





Cérinthe naquit en Asie, prêcha que le monde n’avait pas été fait par un Dieu supérieur, mais par une puissance différente, et bien inférieure, et qui ne connaissait même pas le Dieu souverain de toutes choses. Jésus lui fut subordonné ; celui-ci ne serait pas né d’une vierge ; c’est chose impossible à croire aux yeux de cet hérésiarque : il serait né de Joseph et de Marie, de la même manière que naissent les autres hommes. Sa justice, sa prudence et sa sagesse furent sans égales, et firent de lui un être supérieur aux autres hommes. Dieu envoya sur lui, aussitôt qu’il eut été baptisé, le Christ, sous la forme d’une colombe ; après cela, il prêcha au monde la révélation du Dieu inconnu et la perfection des vertus. À la fin, le Christ se sépara de lui et s’envola dans les régions supérieures. Jésus aurait souffert seul sa passion, et serait ressuscité Christ, être spirituel et impassible de sa nature.


Les ébionites admettent la création, telle que nous la croyons ; ils diffèrent de Cérinthe et de Carpocrate, en ce qui concerne le Seigneur ; le seul évangile de saint Mathieu est reconnu par eux, Paul est répudié par leurs adeptes comme un apostat de la loi.


Les prophéties sont expliquées par eux d’une manière bizarre : ils adoptent la circoncision et les observances judaïques ; Jérusalem enfin est l’objet de leur adoration, ils la regardent comme la maison de Dieu. Nicolaüs, l’un des sept premiers diacres ordonnés par les apôtres, est l’auteur de la secte dépravée qui porte son nom. L’Apocalypse de saint Jean les signale ; l’adultère et l’idolâtrie leur sont habituels ; c’est d’eux dont il parle, quand il dit : « Mais tu as cela pour toi, que tu hais les actions des nicolaïtes comme je les hais. »